La Haute-Savoie en alerte sécheresse


Ecologie / vendredi, mai 22nd, 2020

On ne s’en est pas forcément rendu compte mais la période du confinement a été particulièrement chaude et sèche. Après un hiver sans neige en moyenne altitude, les craintes d’une alerte sécheresse précoce étaient de mise. Cela n’a pas manqué puisque depuis mercredi 20 mai, la Haute-Savoie est en alerte sécheresse.

Depuis l’année 2015, il n’y a eu aucune année sans déclenchement du dispositif d’alerte, avec notamment celui de l’année 2018 qui s’est étendu de juillet à novembre avec des cours à sec et ces images stupéfiantes des bords du lac d’Annecy à un niveau extraordinairement bas.

Rappelons que l’actuelle alerte sécheresse interdit l’arrosage des pelouses, espaces verts, golfs entre 8h et 20h et le lavage des voitures, façades de bâtiments et le remplissage des piscines privées.

>> voir aussi : la sécheresse historique de 2018 dans les Alpes

Ce qui est inquiétant cette année, c’est que les signes de la sécheresse ont été précoces puisque dès la fin du mois d’avril certains en pointaient déjà les caractéristiques, notamment dans l’agriculture où les sols correspondaient à ceux du mois de juillet.

Tout cela est est la résultante des deux canicules de l’été 2019, dont celle du mois de juin survenue très tôt, conjuguées à un hiver anormalement chaud avec des températures de 5°c au-dessus des normales saisonnières. Et le début du printemps a été marqué par un déficit de précipitations, Chamonix connaissant par exemple une de ses pires situations depuis les premiers relevés en 1934

>> voir aussi : où est passé l’hiver ?

Du fait de la lente et progressive fonte des neiges en moyenne altitude, alimentant les cours d’eau, les régions montagneuses sont centrales dans le cycle de l’eau. C’est bien là tout l’enjeu du problème, avec une énième sécheresse qui rappelle la gravité du réchauffement climatique.

Résultat de tout un mode de vie, la sécheresse est également alimentée par celui-ci.

En effet, certaines activités dans la région sont gourmandes en eau, que cela soit les canons à neige ou les 1 500 producteurs laitiers représentant plus de 70 % de la livraison agricole locale.

Un kilo de fromage nécessite en moyenne 5 000 litres d’eau, contre 1 800 litres pour un kilo de pâtes ou 195 litres pour un kilo de carottes. De la même sorte qu’en décembre 2018, un conflit d’usage sur l’eau potable a éclaté à Avoriaz entre les habitants et le service des pistes voulant pomper un lac d’eau potable pour les canons à neige…

Avec la crise économique, ces deux secteurs liés au tourisme risquent fort d’intensifier leur pression alors même que les sécheresses récurrentes appellent à une transformation profonde du mode de vie, que cela soit l’alimentation ou les « loisirs ».

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