Plan de relance automobile : les grandes entreprises à l’attaque3 min read


Politique, Vie quotidienne / mercredi, mai 27th, 2020

En visite hier dans une usine sous-traitante du Pas-de-Calais, Emmanuel Macron a présenté un projet de relance pour la filière automobile. En tout, l’Etat s’engage à apporter 8 milliards d’euros d’aide en ce qui concerne la demande mais aussi la modernisation de l’appareil productif.

Le décolletage est un appareil productif très dépendant du secteur de l’automobile et de l’aéronautique. Déjà affecté par une crise de l’automobile depuis 2019, le décolletage s’inquiétait de la reconversion vers le véhicule électrique. Car qui dit véhicule électrique, dit nouveaux moyens de production adaptés à cette technologie.

Ce n’est pas pour rien d’ailleurs qu’Emmanuel Macron a choisi l’usine Valeo d’Etaples puisqu’elle s’est spécialisée dans les technologies du véhicule électrique et autonome. Or, 80 % de la production de cette unité part à l’exportation: les grandes entreprises visent donc à récupérer ce marché.

Mais, dans le cadre d’une filière automobile dominée par de très grandes entreprises, cette reconversion implique une augmentation drastique des investissements. En lien avec le projet d’ « alliance des batteries », ce sont donc Renault, Total et PSA qui se sont rapprochés afin de conserver une place sur le marché du véhicules électrique et autonome.

Cela va avoir un impact direct sur les sous-traitants du décolletage, nécessitant des investissements technologiques dans un moment où il va falloir assumer le désengagement progressif de l’Etat vis-à-vis du chômage partiel et où les commandes sont toujours à l’arrêt.

Le reportage de France 2 diffusé lundi soir montre cette situation difficile, avec même des décolleteurs ayant vendus certaines machines pour économiser…

La pression des grosses entreprises va s’intensifier. Une tendance qu’ Emmanuel Macron a même annoncé carte sur table :

On a beaucoup d’entreprises qui sont encore de petites tailles et, on le sait dans nos régions, elles sont très importantes pour l’emploi et l’industrie mais elles sont parfois fragiles et on va avoir besoin de les regrouper, de les consolider, et ce fonds permettra de financer ces rapprochements

La crise déjà intense de 2009 a débouché sur le regroupement de certaines entreprises, à l’instar du consortium Alpen Tech/Kartesis ou par le rachat d’EMT par Léman Industries en 2018.

Il est donc évident que les petites entreprises qui ne peuvent s’adapter à la reconversion du tissu productif vont ou bien péricliter ou bien devoir s’allier à d’autres. Dans les deux cas, cela va se dérouler sous l’égide des grosses entreprises et de leurs critères, avec de manière inéluctable des suppressions d’emplois.

Dans les mois à venir, il est clair que les ouvriers vont devoir organiser leurs intérêts à la base afin de mener une bataille démocratique qui s’annonce intense et prolongée…

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