« The Blaze » à l’Aiguille du midi, une expression de la bourgeoisie décadente


Ecologie, Vie quotidienne / jeudi, mai 28th, 2020

Il y a des choses sur-réalistes, pour ne pas dire délirantes, qui se passent sans la moindre réaction, montrant à elles-seules combien on manque d’un Etat capable de réprimer des comportements absurdes.

Ce mardi 26 mai, quelques jours donc après le déconfinement, le groupe français de musique électronique « The Blaze » a fait un « concert » diffusé en live sur les réseaux sociaux en haut de l’aiguille du midi, à plus de 3200 mètres d’altitude. Le groupe est d’ailleurs arrivé le matin même de Paris, avant de faire le concert en fin de soirée…

Ce « concert » a été diffusé par « Cercle Music », un label spécialisé dans ce genre de promotion délirante sur fond d’existentialisme petit-bourgeois. Mais il ne faut pas croire que ces artistes flottent au-dessus de tout : ils sont au service direct de la bourgeoisie qui cherche toujours plus à façonner le monde à son image.

En effet, ce « concert » visait à récolter des fonds pour la fondation « GoodPlanet » lancée en 2005 par Yann Arthus-bertrand, cumulant disposant d’un budget de plus de 3 millions d’euros grâce à des dons d’entreprises telles que Bouygues, Suez (Engie), Coca-Cola, EDF, Antargaz…

Mais quel est l’intérêt écologique d’une telle démarche ? Aucun ! Ce n’est qu’une appropriation d’un espace pour déployer des personnalités à l’égo sur-dimensionné. La nature n’est uniquement là comme tableau de projections à des subjectivités voulant gouverner le monde…

C’est en ce sens que ce « concert » a été qualifié de « performance », en complète filiation avec le jargon hors-sol et anti-populaire de l’art contemporain. Comme si monter en haut d’un sommet via un téléphérique pour diffuser de la musique sur des ordinateurs relevait d’une « performance ».

Car pendant que l’artiste se pense au coeur d’une démarche « méditative », « contemplative », ce « concert » ne sert qu’à la bonne conscience écologiste des pseudos fondations et aux plans du business touristique. Le massif du Mont-Blanc est pourtant en très grand danger du fait du réchauffement climatique…

>> voir aussi : le dérèglement climatique s’intensifie dans les Alpes

Si Monsieur Arthus-Bertrand avait un minimum de sensibilité et de compassion envers la nature sauvage, jamais il ne laisserait se faire approprier le massif du Mont-Blanc pour une pure opération marketing.

On est bien là dans la bourgeoisie qui se pense à l’avant-poste de la civilisation pour mieux masquer le fait qu’elle est une classe sociale en complète décadence, à mille lieux de toute sensibilité authentique pour la Biosphère.

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