Le retour du loup pose la question de la nature sauvage


Ecologie / mardi, juin 30th, 2020

Après la polémique quant au passage d’un loup dans la réserve naturelle des Contamines-Montjoie, de nombreuses autres faits sont rapportés quant à la présence locale de l’animal sauvage. Ce focus accentue la pression des éleveurs et pose la question de notre rapport à la nature sauvage.

« Si le nombre d’attaques et de victimes du loup est en léger recul en moyenne sur le territoire national lors de ce premier semestre 2020, il n’en est rien dans certains départements comme celui la Haute-Savoie« .

Voici les premières lignes d’un article de presse à propos du « retour des loups en France ». Cela en dit long sur l’approche dominante, dénuée de sensibilité, à propos du loup réduit à la seule prédation.

La surveillance du loup est ainsi malheureusement l’apanage des chasseurs, bien souvent commanditée par l’Etat et les éleveurs. Par exemple, le 3 juin, une caméra gérée par la Fédération des chasseurs de la Haute-Savoie photographiait à deux reprises un loup en zone urbaine à Sallanches.

A cela s’ajoute le fait que depuis trois ans, les éleveurs, détenteurs d’un permis de chasse, peuvent suivre des formations pour pratiquer les tirs légaux contre le loup alors même qu’ils reçoivent des indemnisations et des aides pour protéger leurs élevages.

Il y a bien toute une pression contre le loup opérée par une alliance entre éleveurs et chasseurs, sans que jamais ne soit parler dans la presse des dynamiques naturelles de la vie du loup dans les Alpes. Ce n’est pas là faire oeuvre démocratique pour aider à la connaissance de la vie sauvage.

>> Voir aussi : Contamines-Montjoie : les éleveurs contre le loup

La question n’est pas de savoir si oui ou non le loup a un impact sur les animaux d’élevage car c’est le cas. Cela pose plutôt la question de la relation de l’élevage à la vie sauvage, avec en toile de fond le développement de l’humanité et de son mode d’alimentation.

Doit-on considérer celle-ci comme une ennemie à tenir à distance, en plaçant l’humanité au centre d’une nature qu’il façonne, ou doit-on lui reconnaître le droit à avoir une place dans le monde vivant, dans lequel l’humanité a un rôle de protecteur plutôt que de prédateur ?

L’humanité peut-elle continuer à développer un mode de vie fondé sur l’élevage avec les méfaits que cela occasionne pour la vie sauvage ou bien doit-elle chercher à se diriger vers une autre voie de développement alimentaire pour préserver des espaces sauvages ?

Le loup a un rôle précis, et méconnu, dans le mécanisme de la biosphère, rôle que nous avons détaillé dans notre article sur la réserve naturelle des Contamines-Montjoie. A notre sens, l’humanité ne peut prétendre à avoir une démarche respectueuse de la biosphère si elle continue à empiéter des territoires pour ses seuls intérêts, en niant les droits de la vie sauvage.

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