Les chasseurs maintiennent la pression


Ecologie / lundi, juin 1st, 2020

Depuis qu’ils se sont auto-proclamés « premiers écologistes de France », les chasseurs tentent de créer un véritable front réactionnaire dans les campagnes. Pour ce faire, ils se positionnement en point de ralliement des défenseurs de la « ruralité »…

Partenaire local de « l’Office national de la biodiversité« , la fédération des chasseurs de Haute-Savoie encadre ainsi les « espaces naturels sensibles » qui visent à connaître et protéger des fonctions écologiques déterminantes, comme des corridors écologiques à Passy et Annemasse.

Cela n’est évidemment qu’une façade pour se maintenir au coeur des institutions. L’arrière-plan est de défendre coûte que coûte les vieilles traditions campagnardes…

Dans le numéro 64 de la revue du « chasseur haut-savoyard » d’avril 2020, un article intitulé « l’union des ruraux » déclare que :

L’espace rural est sous pression d’une urbanisation galopante mais aussi d’une population urbaine désireuse de nature et de grands espaces (…) Ces appétences sont louables, elles ne doivent en rien occulter les réalités séculaires de la ruralité haut-savoyarde, celles-là même qui ont conduit à son attractivité de loisirs :

les forestiers coupent des arbres pour entretenir la forêt et participer à l’essor économique (…) , les agriculteurs cultivent des parcelles et élèvent des troupeaux qui entretiennent les paysages et produisent des saveurs locales appréciées (…), et enfin, les chasseurs contribuent à la gestion de la faune sauvage, des habitats et des équilibres naturels

Il y a là ni plus, ni moins qu’une stratégie politico-culturelle afin de contourner l’essor du mouvement populaire cherchant à limiter les nuisances de ces pratiques passéistes. Localement, la victoire contre les tirs d’été a été un grand marqueur.

>> voir aussi : l’expression démocratique contre les tirs d’été

Cette stratégie cherche à présenter la chasse comme un acteur « démocratique », en liant protection de la nature et défense de la « ruralité » contre un monde urbain qui s’approprierait l’espace et les mentalités.

La stratégie des chasseurs visent donc à remplacer la bataille pour la vie naturelle par le combat des « ruraux séculaires » contre les « urbains modernes ». Cette vision relève d’une approche anti-démocratique qui réduit l’essence de la « ruralité » aux couches sociales vivant de l’exploitation des écosystèmes et non de leur protection gratuite.

La démagogie des chasseurs n’est là que pour étouffer les aspirations populaires pour une campagne paisible, à la nature préservée, tournée vers la promenade et l’agriculture maraîchère biologique.

Les chasseurs montrent encore une fois leur véritable fonction : être un rouage institutionnel de défense d’un vieux monde en déperdition.

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