Les murs anti-bruits de l’autoroute blanche


Vie quotidienne / mardi, juin 9th, 2020

En septembre 2019, le préfet a validé le plan de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE) pour la période 2019-2023. Les nuisances sonores sont issues en majorité du trafic routier, que l’ATMB (autoroute et tunnel du Mont-Blanc) règle au coup par coup dans l’absurdité la plus totale.

« Il y a trop de bruit, peut-être qu’à l’époque de la construction de la RN, ils n’avaient pas réfléchi » . C’est ce que déclarait une habitante des abords de la RN 205 vers Chamonix à propos des nuisances sonores du flux routier dans le journal Le Messager d’avril 2019. Et, en effet, cette habitante a raison. Dans la société régit par la quête de profit et organisé autour du marché, il n’y a aucune réflexion coordonnée et planifiée.

Le capitalisme ne pense pas, ne planifie rien, il accumule. L’autoroute trace son itinéraire ici, le promoteur immobilier construit là, l’investisseur construit son usine là-bas.

Les conséquences nocives de ce développement sont, au pire, laissées au principe « après moi le déluge », au mieux, externalisées sur les collectivités locales (principalement les mairies).

Cette anarchie sociale devient visible dans des phénomènes absurdes, comme le sont les murs anti-bruits des autoroutes. Au printemps 2017, l’ATMB annonçait avoir investi 1 millions d’euros pour construire 35 murs anti-bruits dit « écrans acoustiques » pour « protéger » 270 habitations.

Construite au cours des années 1970, terminée en 1982, l’autoroute blanche s’est frayée un chemin sans aucun plan d’ensemble car malgré ses apparences rationnelles, le capitalisme agit mais ne prévoit pas à long terme.

Ce développement anarchique se fait d’autant plus sentir qu’il y a une augmentation démographique également non planifiée, avec son lot de nouveaux logements. Or, avec la pression exercée par les résidences secondaires, on se dirige vers la plaine, là où l’autoroute s’est établie comme colonne vertébrale suivant celle naturelle de l’Arve.

On se retrouve dans des situations délirantes avec des résidences collées à l’autoroute, au prix d’une dégradation d’un cadre de vie (pollution sonore et atmosphérique).

Le mur anti-bruit vient alors « régler » un problème mais il bouche l’horizon d’une risible vague de béton, avec une contradiction quotidienne pour l’habitant.

On a là en réalité tout un symbole d’un développement qui n’impose aucun plan de développement réfléchie au long terme. Tout est soumis aux désirs de richesse individuelle, avec des nuisances et des absurdités quotidiennes.

Une réponse à « Les murs anti-bruits de l’autoroute blanche »

  1. Bruits de roulements…mais aussi bruits générés par les véhicules eux-mêmes (réglages des moteurs, échappements, sur-équipements…). Il existe des normes et réglementations qui devraient être appliquées et respectées.

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