Passy/Sallanches : une élection marquée par un grippage de la démocratie


Politique / lundi, juin 29th, 2020

L’élection municipale 2020 a été marqué par la rupture historique du covid-19 ayant entrainé plus de deux mois de confinement. Si la majorité des communes ont élu une équipe municipale dès le premier tour, un second tour était nécessaire à Passy et à Sallanches pour départager les candidats en lice.

Sur les 4 280 communes appelées à voter pour un second tour (il y a 36 000 communes en France) 60% des 16,5 millions électeurs ne sont pas rendus aux urnes. C’est un record historique.

A Passy, l’abstention atteint 62 %, soit 5 317 personnes sur les 8 554 inscrits, alors qu’elle était de 42 en 2014 (soit 3 416 « abstentionnistes »). A Sallanches, la participation est un peu plus forte (46 %) malgré que le camp abstentionniste soit majoritaire (53 %, 6 437 personnes) et largement supérieur à 2014 (43 %, 4 986 personnes).

La crise sanitaire doublée d’incertitudes sociales et économiques marquent fortement les esprits, trouvant à s’exprimer dans l’abstention. Il faut dire que le premier tour de l’élection municipale s’est déroulée au début du coronavirus, avec un second tour plus de trois mois plus tard. Les conditions d’exercice d’un vote serein et apaisé ne sont clairement pas réunies.

Si la liste de Raphaël Castera (centre-gauche) était attendue victorieuse devant celle d’André Pastéris (droite) à Passy, c’est Georges Morand qui s’impose à Sallanches contre toutes attentes, avec 43,5 % des voix, soit 2 387 personnes ayant voté pour lui. Le coup de projecteur sur les projets absurdes de Jacques Lemoine aurait-il favorisé la victoire de Georges Morand ?

A l’échelle du pays, il est parlé d’une « vague verte » dans les grandes villes de France. Il faut bien remarquer que cela correspond à une couche sociale précise (frange « intellectuelle » des classes moyennes) sur-représentée dans les espaces urbains. Cela ne traduit donc pas une vague de fond.

A Passy et à Sallanches, villes périurbaines ouvrières, la majorité des gens s’est abstenue. Pour l’immense partie des classes populaires, l’horizon réside essentiellement dans la crise sanitaire et la crise économique qui s’annonce terrible.

Les seuls votes exprimés se prononcent donc pour la continuité de notables tournés vers une gestion administrative conforme aux intérêts immédiats de la commune, sans perspective d’envergure et de long terme.

Entre Raphaël Castera qui souhaite installer un télésiège à Passy Plaine-Joux pour maintenir un tourisme hivernal menacé par le réchauffement climatique et George Morand qui veut installer des cabanes de chasseurs au lac des Ilettes, il y a un profond décalage entre la crise exprimée par la destruction de la biosphère et les impératifs gestionnaires de ces nouveaux élus.

L’époque qui s’ouvre fait partie de celles des grands temps, celles des temps d’orages annonciateurs de changements de grandes ampleurs. Ne vivons-nous pas déjà avec le coronavirus une première révolte de la biosphère contre notre mode de vie ? S’imagine t-on sincèrement que l’on va tout gérer comme avant ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.