Crise : le patronat se prépare au combat3 min read


Vie quotidienne / vendredi, juillet 31st, 2020

On peut croire à tout ce que l’on veut mais une chose est certaine : la demande recule massivement et on se dirige vers une récession d’ampleur.

Dans son septième rapport sur l’activité économique depuis le coronavirus, le pôle « Mont-Blanc Industries » remarque que sur 125 dirigeants ayant répondu au questionnaire à la fin juin :

9 entreprises sur 10 désignent comme principale contrainte pesant sur leur activité, « l’insuffisance de demande client », elles étaient 7 sur 10 à la 1ère vague (entre le 31 mars et le 2 avril – ndlr)

Evidemment, les pertes d’emploi ne sont pas précisées car dans le capitalisme c’est une ligne comptable parmi tant d’autres.

Le seul indice qui permet de se faire une idée est celui de l’augmentation des « plans d’économie » : à la fin fin juin, 48,3 % des entreprises en déclaraient un, contre 32,4 % dans la semaine du 31 mars.

En bref, les principaux indicateurs sont au rouge. Cela se ressent déjà avec la non reconduction des CDD et des missions intérimaires, ces « contrats » qui sont les variables d’ajustement permettant d’éviter les coûts de licenciements.

Mais cela ne change rien : des postes sont supprimés, le chômage augmente, la demande de consommation baisse et cela touche l’ensemble de l’activité productive, avec un climat d’incertitude quant à une seconde vague.

Il y a donc moins de demande de voyages en avions, moins d’achats de voitures, moins d’achat de nouveaux logements, moins de demande en pétrole, donc, donc… donc la lutte des classes qui ne va pas tarder à se réveiller.

De nombreuses personnes comprennent petit à petit que le discours en vogue des « économistes » sur la « reprise en V » n’est qu’une fable pour bourgeois. Une défiance légitime s’installe : les patrons se sont remplis les poches pendant des années et voilà maintenant qu’ils jettent les gens comme de vulgaires mouchoirs en papier.

Car la classe ouvrière vit la récession en première ligne, d’une manière aussi concrète qu’en poussant la porte d’une agence d’intérim ou lors d’un repas de famille où l’on apprend qu’un tel n’a pas été reconduit.

A cela s’ajoute le fait que pour les industriels « faire plus avec moins (efficience) » est la première condition à la reprise d’une activité pérenne. A noter également que 28 % pense devoir opérer des rapprochements (fusion-acquisition). Cela ne présage vraiment rien de bon.

Ce qui s’annonce c’est plus d’un chômeurs d’un côté, donc plus de misère sociale, pour une plus grande charge de travail de l’autre côté, donc plus de pression psychologique… Les capitalistes vont tout faire pour garantir un taux de profit maximum.

La situation s’annonce explosive et la classe ouvrière doit prendre confiance en elle. Elle peut s’organiser, elle peut prendre en main les choses et mieux : elle le doit, elle y est contrainte par la force des choses au risque de passer sous le rouleau compresseur capitaliste.

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