Décolletage : la suppression des taxes de production, la ligne du combat anti-social2 min read


Politique / vendredi, juillet 17th, 2020

Après plusieurs réunions auprès du ministère de l’économie, le syndicat du décolletage est satisfait de la suppression des taxes de production. C’est une offensive anti-sociale qui va contribuer à l’étouffement de la vie…

Bruno Le Maire, ministre de l’économie, des finances et de la relance, l’a confirmé ce mercredi 15 juillet sur le plateau de France 2 : les taxes dites sur la production vont être supprimées.

Depuis 2019, Bruno Le Maire se disait favorable à cette revendication portée par les deux principaux syndicats patronaux, la CGPME et le MEDEF, mais aussi par le Syndicat du décolletage.

Sans avoir réellement énoncé quel impôt était visé, tant le secteur du décolletage que le ministre de l’économie Mr Le Maire, sont d’accords pour mettre fin à la taxe sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et la contribution foncière des entreprises (CFE).

Qu’est-ce que représentent ces impôts ? La taxe sur la valeur ajoutée de l’entreprise est un impôt sur la part de valeur nouvelle produite. Quant à la taxe foncière, elle représente tout simplement le loyer du terrain.

Ces impôts ont pris le relais du financement des collectivités territoriales (communes, départements, régions) après la suppression de la taxe professionnelle en 2010.

Ces deux impôts représentent entre 14 et 17 milliards d’euros de recettes pour le financement des localités, pouvant aller aussi concrètement dans les Agences régionales de santé, les lycées, les gares SNCF…

Et la solution de rechange pour financer les établissements publics ? On entend qu’il serait attribué une part de la TVA nationale en fonction du nombre de salariés et de l’occupation foncière des entreprises dans chaque région.

Autant dire que la bourgeoisie lance une offensive anti-sociale. Léguer une part de TVA ne fera qu’accentuer l’inégalité de développement entre régions riches et régions pauvres, déjà bien trop importante.

Mais surtout, cela présuppose que l’économie, après son arrêt, reparte à la simple condition d’enlever quelques impôts sur les entreprises. Et c’est ce que veut la classe dominante, quoi qu’il en coûte pour la vie des gens.

Mais compter sur la TVA, c’est compter sur la consommation des foyers. Les 1 millions de chômeurs annoncés à la fin de l’année vont-ils consommer comme à l’habitude ? Bien sûr que non. Et il faut bien voir que c’est ensuite une cascade en chaîne, grippant l’ensemble de l’économie.

Avec moins de budget, les collectivités territoriales devront faire des choix arbitraires. Rénover le lycée de la zone prioritaire ou non ? Renforcer les crédits pour l’action sociale ou non ?

La suppression des « impôts de production » est l’amorce de la ligne de « combat » annoncée récemment par le premier ministre Jean Castex. Le combat de la bourgeoise pour faire payer la crise économique aux masses populaires.

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