La LPO et la FNE s’opposent au bétonnage du Col de Voza


Ecologie / mardi, août 25th, 2020

Un projet de route bétonnée entre Châtelard et le Prarion au col de Voza est actuellement en cours d’étude, dans le but de faciliter l’accès à une forêt exploitée par l’ONF pour son bois. Une catastrophe pour la Biosphère.

Chacun peut donner son avis via l’enquête publique qui sera ouverte du lundi 7 septembre à 9h au jeudi 8 octobre à 12h aux mairies de Saint-Gervais, Les Houches et Passy. Il est également possible aussi d’écrire à l’adresse e-mail suivante en mentionnant le nom du projet : ddt-enquetes-publiques@haute-savoie.gouv.fr.

Voici le communiqué de la FNE 74

Projet de route forestière au col de Voza : La voie royale du béton et du goudron

Le projet de route entre Le Châtelard et le Col de Voza est inscrit à l’ordre du jour du Conseil communautaire du Pays du Mont-Blanc, ce mercredi 22 juillet. Des solutions alternatives, plus responsables, sont pourtant possibles.

Nos associations proposent d’abandonner ce projet dévastateur et de continuer à assurer le débardage des arbres sur place, avec l’étude de solutions d’exploitation plus respectueuses des lieux. Laissons la riche biodiversité et les nombreux promeneurs continuer à vivre et à respirer dans cette forêt du massif du Mont-Blanc.

Le projet de route entre Le Châtelard et le col de Voza est inscrit à l’ordre du jour du Conseil communautaire du Pays du Mont-Blanc, ce mercredi 22 juillet.

Il prévoit la construction d’une route forestière, afin de permettre une exploitation accrue du bois du massif forestier sous Le Prarion, sur les communes de St Gervais, Passy et des Houches. En France, le poids autorisé des camions pour le transport des bois ronds (grumiers) est de 48 tonnes pour 5 essieux et de 57 tonnes pour 6 essieux.

Le projet prévoit la création d’une route sur 6 km et la transformation de 8 km de pistes forestières en routes forestières. Soit au total 14 km de route qui seront recouverts, sur 4 m de large, d’un béton hydraulique de 35 cm d’épaisseur, ou de goudron pour une petite section. Le coût de l’ouvrage est estimé à 1,4 million d’€ HT et sera financé à 80% par des fonds publics.

Un bilan économique douteux

Ce projet présente, pour la LPO Haute-Savoie et FNE Haute-Savoie, un nouveau gaspillage d’argent public. Des exploitations de bois ont lieu régulièrement dans ce massif et encore récemment au col de la Forclaz (en dessous du col de Voza) au printemps de cette année, sans qu’il y ait besoin d’une route à grumiers. Le débardage se fait alors sur place.

Le surcoût de ce débardage sur place est de 2€/m2 seulement. Les frais d’exploitation du bois en montagne resteront toujours plus élevés que ceux des forêts de plaine et le bas niveau du cours du bois ne permettra pas de rentabiliser ce projet. La route ferait économiser environ 7 000 € annuels aux 3 communes. Il faudrait donc 200 ans pour l’amortir !

Un bilan écologique certain

La route va impacter lourdement un secteur très riche en faune rare et menacée (pic tridactyle, chouette chevêchette, chiroptères, etc…). La zone la plus riche en biodiversité est située autour du col de la Forclaz. Après le remodelage intempestif de la piste du Kandahar l’été dernier sur l’autre versant du Parion, ce projet va impacter le prestigieux et fragile site classé du Mont-Blanc.

L’ampleur des travaux, dans des pentes raides, va générer des remblais, déblais et remodelages pour pouvoir accueillir la circulation de camions très lourds. Cette route va aussi artificialiser encore le milieu naturel, avec ses revêtements imperméables. Ce sont plus de 5 hectares de forêt, en pleine montagne, qui vont être ainsi devenir stériles.

Le bilan carbone de ce projet sera sans doute désastreux et va contribuer, comme celui de la piste du Kandahar en 2019, à générer des émissions de gaz à effet de serre dont le massif du Mont-Blanc, déjà visiblement affecté, se passerait bien !

Le revêtement hydraulique est un produit de l’industrie du béton et a, tout comme le goudron, un très mauvais bilan carbone. Ces matériaux sont fortement émetteurs de CO2 pour leur fabrication. Le chantier lui-même et tous ses engins fonctionnant au gazole, aura un fort impact.

Quant à la phase d’utilisation, elle ne sera pas plus vertueuse, avec la consommation de gazole que l’on peut imaginer pour des poids lourds de 48t, voire plus, en pleine montagne, sur des pentes raides, entre les 800 m du Châtelard et les 1 600 m d’altitude du col de Voza.

Un bilan paysager certain

Une partie du projet traverse le site classé du Mont-Blanc (classé au titre des paysages). Une route forestière aura un impact visuel très fort, comme peut en témoigner la piste créée par EDF aux Plagnes, sur le flanc de cette même montagne. Cette piste avait pourtant fait l’objet d’attentions paysagères !

Beaucoup de routes forestières (ou pastorales) ont déjà été réalisées en Haute-Savoie, dans la plupart des cas sans que les talus soient ré-engazonnés. La nouvelle route sera visible du coteau de Passy, de Saint-Gervais, de Sallanches…

Des solutions alternatives existent

– Le débardage par câble, dont on parle tant mais qui est souvent relégué aux oubliettes. Il serait possible de rassembler le bois au tracteur et le descendre dans la vallée par câble.

– Le débardage par ballon dirigeable serait une solution originale, que l’ONF préconise déjà à Hermance.

– L’utilisation du tramway du Mont-Blanc pour descendre le bois dans la vallée, comme l’a déjà fait l’ONF en 2015 (cf ce reportage de France 3)

Les associations proposent donc d’abandonner ce projet dévastateur et de continuer à assurer le débardage des arbres sur place, avec l’étude de solutions d’exploitation plus respectueuses des lieux. Laissons la riche biodiversité et les nombreux promeneurs continuer à vivre et à respirer dans cette forêt du massif du Mont-Blanc.

Parmi les espèces les plus emblématiques, faisant l’objet de mesure de conservation spéciale concernant
leur habitat :

– Le Pic tridactyle (une espèce rare présente dans quelques vallées de Haute-Savoie, Savoie et du Jura) classé CR (en grave danger) sur les listes rouges nationale et régionale.

– La Gélinotte des bois classée NT (quasi menacée) sur les listes rouges nationale et régionale.

– Le Tétras lyre et la Chevêchette d’Europe classés NT (quasi menacé) sur la liste rouge nationale et VU
(vulnérable) sur la liste rouge régionale.

– Parmi les chiroptères, 3 espèces : la Barbastelle d’Europe, le Murin à oreilles échancrées et le Grand murin.

2 réponses à « La LPO et la FNE s’opposent au bétonnage du Col de Voza »

  1. Pour l’adresse mail, j’imagine qu’il s’agit plutôt de « ddt-enquetes-publiques@haute-savoie.gouv.fr » et non pas « ddt-enquetes-publmiques@haute-savoie.gouv.fr » (il y a un « m » en trop qui se cache au milieu).

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