Licenciements chez Franck & Pignard : la classe ouvrière doit se ressaisir


Vie quotidienne / mardi, août 4th, 2020

Placée en redressement judiciaire le 2 juin, l’entreprise Franck & Pignard a vu deux offres de reprises, prévoyant toutes les deux d’importantes suppressions d’emplois. Le verdict est tombé ce vendredi 31 juillet : sur les 367 emplois, 237 sont supprimés. Ce terrible plan de dégraissage anti-social doit interpeller l’ensemble de la classe ouvrière…

Le plan de reprise a été accordé par le tribunal de commerce de Grenoble à l’actuel groupement « Bionnassay M&P Technology » propriétaire de Franck & Pignard dont le président est Marc Horellou.

Pour la bourgeoisie, les ouvriers sont une ligne comptable, à côté des matières premières, des moyens de production, etc. Il suffit donc d’effacer une « charge » pour permettre la reprise d’une entreprise, et ici en l’occurrence de sa propre entreprise. Quel système anti-social et absurde qui, à la seule vue de ce phénomène, mériterait d’être balayé.

Mais à cela s’ajoute le fait que l’actuel patron, Marc Horellou, a décidé qu’il fallait seulement conserver les cols blancs et dégraisser les 237 cols bleus tout en laissant planer l’espoir d’une reprise par l’intérim pour quelques-uns.

Que les ouvriers soient le plus exposés au chômage et à ses difficultés sociales et morales, il s’en moque, ce n’est pas son problème. Son problème, c’est d’accumuler du capital, d’étendre son empire industriel, comme c’est le cas pour tout entrepreneur.

Voilà la mécanique froide, implacable, violente du capitalisme dans lequel les ouvriers ne sont qu’une variable d’ajustement.

Mais alors justement que s’imaginent les ouvriers ? Que chacun va sauver sa peau individuellement alors que la rentrée sociale s’annonce rude ? Pourquoi n’y a t-il pas déjà eu un élan de lutte dès l’annonce du redressement judiciaire ?

>> voir aussi : faillite de Franck & Pignard : la nécessité d’une bataille ouvrière

Le fait d’être jeté à la poubelle comme une vieille machine ou un ancien bon de commande appelle au bon sens prolétaire, celui qui veut que s’engage une lutte de classe pour obtenir d’importantes primes de licenciements. Car ce ne sont pas aux ouvriers de payer le coût de la crise.

C’est le minium syndical pour quiconque connait la valeur des mots fierté et dignité. Un minimum qui est évidemment insuffisant par les temps qui courent car il va bien falloir assumer de se saisir des questions sociales, économiques, politiques, culturelles.

Les ouvriers ne s’en sortiront pas s’ils continent à être ballotés par la concurrence capitaliste : il leur faut s’unir et redevenir un pôle animé d’une véritable conscience de classe, capable de lancer un nouveau mouvement ouvrier.

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