Pour un « usage durable » du Mont-Blanc ou pour sa protection ?3 min read


Ecologie / lundi, août 3rd, 2020

Lors de sa visite dans le massif du Mont-Blanc au mois de février, Emmanuel Macron annonçait la mise en place d’un plan pour sa protection. Les réunions pour réaliser ce plan avancent, tout en repoussant l’enjeu historique qu’il devrait incarner.

Le plan de protection du Mont-Blanc correspond au décret relatif à la protection des biotopes et des habitats naturels émis par le gouvernement en décembre 2018. Adopter un tel arrêté préfectoral signifie donc placer la protection de l’écosystème comme le sujet central, absolu.

Le projet de loi concerne essentiellement les zones au-dessus de 3 000 mètres d’altitude. C’est ainsi une bonne nouvelle de se dire qu’il n’y aura plus de concerts, ni de rameurs, ni d’hélicoptères dans la nature précieuse de ces étages alpins.

>> voir aussi : L’hypocrisie de Jean-Marx Peillec à propos du Mont-Blanc

Mais cela semble insuffisant lorsque l’on connaît les dégâts causés à des altitudes plus basses par bon nombre d’activités touristiques.

Car lorsqu’on entend les propos tenus publiquement par les responsables, on parle très peu du « biotope » mais plus volontiers des mauvais comportements qui, il faut le remarquer, ont parfois été sur-réalistes.

Mais l’enjeu ne serait plus vraiment l’écosystème en soi, mais bien plutôt le respect du « comportement montagnard ». Et cela va jusqu’à entrer en contradiction avec l’esprit de protection de l’habitat naturel :

« Cet arrêté doit permettre aux gens de continuer à profiter du mont Blanc, mais en respectant la montagne », Jean-Marx Peillex, maire de Saint-Gervais

« Il ne faut donc pas faire un parc national au détour d’un APPHN », Eric Fournier, maire de Chamonix

En résumé, la démarche veut concilier l’intérêt humain individuel et la montagne, non pas vue donc comme un « biotope » mais comme une surface pour la projection d’individus « responsables », liés aux « traditions » de l’alpinisme et du ski.

Il faut pouvoir continuer à recevoir les 20 000 personnes annuelles et retarder la seule échéance politique valable : sanctuariser le massif du Mont-Blanc au profit des seules activités scientifiques.

Car le massif du Mont-Blanc est en train de se transformer en un autre écosystème, rendant difficile les pratiques connues dans ce milieu.

La mer de glace, ou ce qu’il en reste, ce dimanche 3 août 2020

Le pergélisol, le « ciment » naturel des montagne fond avec le réchauffement climatique, ce qui occasionne d’importantes chutes de rochers ou de séracs. A cela s’ajoute les réguliers épisodes caniculaires suivis d’orages intenses qui rendent certains passages dangereux.

Hier dimanche 2 août, un homme a été blessé à la gorge à cause d’une chute d’une de ces pierres. Des accidents à répétition qui font que certaines faces « mythiques » ne sont plus empruntées, du fait du trop grand risque.

La chute d’une partie du Petit Dru en 2005 n’était-elle pas le premier signal d’alarme sur la mort prématuré du Massif ? Alors oui, il ne faut pas tant « normaliser » le Mont-Blanc que le protéger de manière absolue, le sanctuariser. C’est là une responsabilité des amoureux véritables de ce biotope.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.