9 septembre 1934 : mise en déroute d’une réunion fasciste à Megève


Histoire populaire / mercredi, septembre 9th, 2020

Voici un article publié par le journal de la S.F.I.O le 10 septembre 1934 à propos d’une opposition antifasciste à une réunion de l’organisation d’extrême droite « la Solidarité Française » fondée par le parfumeur François Coty.

Cette réunion à Megève est à comprendre dans le contexte de l’après 6 février 1934, journée lors de laquelle l’extrême droite a tenté un coup de force antiparlementaire, mis en échec par l’union des organisations socialistes et communistes.

Parmi les organisations fascistes, outre les « camelots du roi » de l’Action Française et les « croix de feu » du Colonnel de La Rocque, il y avait également la « Solidarité Française ».

Fondée par le parfumeur François Coty, elle était surnommée de manière moqueuse « Sidilarité française » car sa structure paramilitaire, les « chemises bleues », était essentiellement composée d’ouvriers nord-africains licenciés des mines du Nord et de l’Est. « Sidi » signifiant « monseigneur » en langue arabe.

La sidilarité française en déroute à Megève

Mégève, 9 septembre (Populaire).

Le 4 septembre devait avoir lieu à Mégève (Haute-Savoie) une réunion publique de la Solidarité Française, sous la présidence de M. Feige, maire de cette commune. Heureusement, plusieurs dizaines d’antifascistes de la région et villages avaient été alertés, sinon la salle de réunion aurait été presque vide, ne contenant que cinq ou six hitlériens français, y compris les trois membres du bureau.

Le délégué à !a propagande fasciste, le sieur Gavard, dit Ralf, prestidigitateur de profession, commença un exposé sur la réforme de l’Etat, à la sauce fasciste. Aussitôt des protestations véhémentes couvrirent la voix du « prestidigitateur » qui se mit bien à bredouiller, que le fou rire fut général. Ne pouvant, rétablir le calme et pris de folie furieuse, le maire déclara la réunion dissoute et la piteuse séance fut levée au chant de l’Internationale et aux cris de : « Fascistes assassins » !

Un bureau antifasciste fut immédiatement constitué et toutes les personnes présentes écoutèrent dans le plus grand calme les nouveaux orateurs qui firent acclamer les mots d’ordre révolutionnaires.

Les fascistes alertèrent tous les métèques et gendarmes de la région, mais les travailleurs ne répondirent pas à leurs grossières provocations. Un malheureux « Vive le roi ! » fut couvert par : « Les Soviets partout ! », « Unité d’action ! » et « Front Rouge ! ».

La population qui a vu avec enthousiasme se dérouler dans le plus grand ordre la manifestation révolutionnaire a montré que la Haute-Savoie n’était pas encore mûre pour le fascisme. Les paysans et les ouvriers doivent se diriger dans la voie du socialisme et consolider encore leur unité d’action. Que les fascistes prennent note : les révolutionnaires savoyards n’ont pas dit leur dernier mot.

N. B : L’étudiant parisien qui a causé, à Megève, avec le jeune Algérien, serait heureux de correspondre avec celui-ci. Que le jeune Algérien écrive en donnant son nom et son adresse au Populaire, qui fera suivre à cet étudiant parisien.

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