La lutte démocratique et populaire contre le concasseur à Scionzier


Ecologie, Politique / mardi, septembre 22nd, 2020

Au milieu de l’été, une enquête publique s’est déroulée à propos d’un projet d’installation de concasseur par l’entreprise Romand T.P dans le quartier du Chamberon à Scionzier. L’installation d’une nouvelle unité productive, génératrice de pollution, a été la base à une opposition démocratique dont on peut faire ici le bilan.

Emissions de particules fines, flux supplémentaire de camions, nuisances sonores, telles étaient les raisons légitimes de s’opposer à un projet cherchant à s’installer dans un quartier marqué par la pollution de l’air du fait d’une configuration géographique et de nombreuses activités industrielles.

C’est dans ce contexte que quelques jours avant la fin de l’enquête publique, quelques riverains orientés par le « Comite Anti-Pollution Cluses », se sont mobilisés.

Une nouvelle unité industrielle dans une zone où existe déjà une entreprise soumise au registre des ICPE, ne pouvait être tolérée. « Trop c’est trop ! » tel était le mot d’ordre, simple et efficace.

Alors qu’aucun signal fort n’était envoyé par la mairie vers la population, la mobilisation a franchi une seconde étape avec la formation d’un collectif d’habitants pour obtenir les signatures d’une pétition réclamant l’arrêt du projet. En une dizaine de jours, plus de 500 signatures furent recueillies.

Mais du fait d’une orientation à Droite, le maire de Scionzier Monsieur Pépin, a apporté une réponse qui ne tient pas compte de la majorité populaire et réduit la démocratie au seul moment électoral.

Or, s’il y a bien une mandature où l’on ne peut pas agir de la sorte, c’est bien lorsqu’on est élu lors d’une élection marquée par une abstention de masse. A Scionzier, 59, 67 % des inscrits n’ont pas voté en mars 2020.

Monsieur Pépin a d’ailleurs pu compter sur le Dauphiné Libéré qui a publié deux articles, ne gardant que les arguments des industriels, n’évoquant jamais les motifs de refus du projet de la part des habitants.

Voici par exemple ce qui a été dit dans l’article du jeudi 17 septembre :

 » La parcelle retenue, propriété de la commune qui devait être cédée à Romand T.P, se situe à proximité d’entreprises de pointe dans le milieu du décolletage, (…) rappelant que l’éventuelle diffusion de poussières liées à l’activité de concassage ne fait pas bon ménage avec l’industrie mécanique »

Un petit cénacle de chefs d’entreprise installés dans la même zone que celle visée par le projet de concasseur s’est réunis fin juillet pour exprimer leur refus. Enquête publique ? Maladies liées à la pollution de l’air ? Connait pas ! Ce qui compte, ce sont les désagréments pour les industriels et leur marche au profit…

On ne peut s’étonner d’une telle attitude : la Droite, c’est pas nature cultiver un entre-soi de dirigeants, où le maire n’est rien d’autre qu’un chef d’entreprise reconverti dans l’administration d’une commune qu’il ne voit que comme une plus grande propriété privée.

Notons d’ailleurs que cela aurait été exactement la même chose si Jean-François Debiol, militant Les Républicains, avait été élu maire. Nulle affaire de personnes ici, ce qui dirige c’est une culture politique.

Voyez comment un patron ou un cadre supérieur aborde les travailleurs, et vous aurez la mentalité d’un maire de Droite dans son approche des habitants : paternalisme et infantilisation.

Les aspirations populaires ne pouvaient émerger que grâce au travail de base d’un collectif tourné vers les habitants, ne cédant pas à l’appel de l’intégration institutionnelle. C’est le rôle salutaire qu’a rempli le CAP-Cluses comme il le rappelle dans son communiqué de victoire :

Sans aucune mobilisation, tout cela aurait été réglé grâce à des petits accords dans des salons feutrés, comme malheureusement c’est le cas sur de trop nombreux sujets pourtant d’intérêt démocratique. Les parcelles communales visées par Romand T.P avaient d’ailleurs été vendues par l’ancien maire Maurice Gradel dans des conditions privilégiant la connivence plutôt que la réflexion rationnelle.

Le projet de Romand T.P ne verra pas le jour dans le quartier du Chamberon, et c’est une très bonne nouvelle pour les habitants.

Mais il faut bien voir que tout cela n’a été possible que parce que des militants ont orientés la mobilisation dans un sens démocratique, mobilisation sans cesse menacée par le clientélisme.

De ce point de vue, il est clair que la Gauche ne peut tirer qu’une conclusion de cette lutte : la Droite maintient un système de notables d’un autre âge. Si l’on veut une société démocratique, il faut balayer la Droite et cela ne sera possible que par des personnalités incorruptibles, dévoués à servir les gens.

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