Des affaires révélatrices du pourrissement social dans la vallée de l’Arve déconfinée


Vie quotidienne / vendredi, septembre 11th, 2020

Face à une pandémie mondiale ayant entrainé le confinement de deux mois, des pans de la population paniquent et tombent dans des attitudes anti-sociales. Ce pourrissement est visible avec les affaires jugées pour « outrage et rébellion » les 13 août au tribunal de Bonneville.

Dans ces affaires que l’on peut lire sur le blog du journaliste Julien Berrier, on retrouve aussi bien une personne âgée qui, venue faire ses courses au magasin bio de Sallanches, mord un gendarme après un contrôle routinier, qu’un chef d’entreprise de 60 ans qui insulte les policiers de « collabos » après avoir refusé de respecter un sens de circulation sur un marché, protocole sanitaire oblige.

Il n’est pas non plus étonnant de retrouver un guide de Chamonix ayant pété un câble contre des gendarmes. Sur la sellette avec le réchauffement climatique, cette corporation n’avait pas hésité à critiquer les contrôles du PGHM pendant le confinement au nom d’un stupide « accès responsable » à la montagne.

Mais alors, comment en arrive t-on à de telles situations pathétiques ?

Lorsqu’une crise profonde intervient comme c’est le cas actuellement, les traits caractéristiques de notre société s’exacerbent jusqu’à engendrer la dissolution des liens sociaux.

Les personnes qui acceptent difficilement la cassure de la réalité, s’enferment dans un déni pour ne rien changer : « je change mon quotidien si je veux, comme je veux, où je veux, avec qui je veux, cela ne regarde que moi-même ». Bref, c’est le triomphe du « j’m’en-foutisme » sur fond de société individualiste et libérale.

C’est un pourrissement qui va s’amplifier avec la crise économique, et dont les critiques absurdes de la soit-disant « dictature sanitaire » sont l’expression, tout comme les agissements anti-sociaux de cet été… Il y a une corrosion de la vie en société.

>> voir aussi : Thyez : des habitants alertent sur le pourrissement social

Tout cela traduit l’expectative des classes populaires, ne prenant pas encore la situation en main pour changer de société. A défaut, on s’enfonce dans une « guerre de tous contre tous », avec des esprits rongés par l’anxiété, la paranoïa, la rancoeur sur fond de crise sanitaire et économique.

La police est alors chargée de gérer la décomposition sociale pour le compte d’une bourgeoisie donneuse d’ordre, bien à l’abris des turbulences générées par son « ordre » social en plein désordre…

Alors oui, nous avons grand besoin d’un ordre nouveau non plus fondé sur sur le libéralisme (économique et culturel), l’atomisation et le repli sur soi mais sur la mise en avant absolue de la collectivité.

A l’avenir, il n’y a pas 36 000 solutions : ou bien des comités populaires se forment pour construire un nouvel ordre social collectif, ou bien c’est l’extrême droite qui se chargera de remettre de l’ordre en s’appuyant sur le nationalisme, et faisant tout se continuer comme avant.

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