Pourquoi une vie riche et collective ?


Politique / vendredi, septembre 4th, 2020

Le coronavirus a provoqué une cassure dans la vie, comme si il y avait un « avant » et un « après » : tout ce qui a eu lieu avant le mois de mars 2020 ne nous paraît-il pas très, très loin ? Il y a l’impression paradoxale que tout a changé sans que rien n’ait vraiment changé…

Actuellement, c’est l’incertitude qui domine la vie des gens. Vais-je perdre mon emploi ? Vais-je devoir obéir à mon patron qui me demande plus d’efforts ? Comment vais-je gérer mon enfant, déjà affecté par le confinement, qui est rentré à l’école à l’ère du covid ?

Le confinement de plus de deux mois a certainement affecté les gens, et les esprits cherchent progressivement à tirer les leçons de cette crise sanitaire. Mais ces leçons sont difficiles à tirer car il faut pouvoir avoir un vrai débat collectif.

Quand a t-on réellement le temps de discuter de cela lorsque tout est individualisé, lorsqu’il n’existe aucun espace de discussion posé, populaire ? Du supermarché au travail en passant par le quartier, tout est soumis à la logique de la vitesse, du gain de temps.

C’est pourtant de cela dont on a besoin : de discuter à la base pour réfléchir aux orientations que l’on veut pour la société, pour nos enfants, pour nos proches, pour les générations futures. Mais il faut pouvoir mettre « pause » sur la machinerie économique.

>> Voir aussi : un reportage pour comprendre le lien entre virus et déséquilibres de la Biosphère

Car sans un temps libéré du quotidien, nous restons dépendant d’un capitalisme qui façonne un mode de vie basé sur la concurrence, l’individualisme, des hiérarchies injustifiées, l’accumulation de marchandises, le mépris envers la nature.

En mai 68, il était parlé d’ « aliénation » avec la fameuse critique du « métro-boulot-dodo ». Mais dans le fond, qu’est-ce qui a changé ? Et cela ne s’est-il pas approfondi ? « Voiture-boulot-(netflix)dodo », n’est-ce pas l’horizon social et culturel d’aujourd’hui ?

Comment peut-on imaginer se sortir de la profonde crise en cours sans rompre avec ce quotidien qui paralyse la réflexion, qui bloque tout débat démocratique à la base ? Peut-on sincèrement penser que c’est en restant un spectateur du cours des choses que l’on va aller vers du mieux ?

Alors le premier acte d’émancipation, c’est oser entamer une discussion politique sur ce tout ce qu’il na va pas ou plutôt sur tout ce qui ne va plus. Non pas donc « critiquer pour critiquer », non pas répandre des idées farfelues tirées d’on ne sait où, mais approfondir réellement les questions politiques, sociales, écologiques afin d’être un participant actif du changement inéluctable.

Un tel acte, celui de penser en rupture avec l’aliénation quotidienne est une première étape dans la conquête d’une vie riche et collective. C’est l’une des conditions pour une sortie positive, émancipatrice de la crise en cours…

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