Sénatoriales : l’union EELV-PS sous le signe de la déconfiture idéologique


Politique / vendredi, septembre 25th, 2020

Ce dimanche 27 septembre ont lieu les élections sénatoriales. Une coalition EELV-PS menée par Jeannie Tremblay prétend représenter l’ « union de la gauche et des écologistes » lors de cette échéance électorale. En panne sèche, ces partis en viennent à s’allier à des éléments étrangers, voir hostiles à la Gauche.

Remarquons d’emblée que le Sénat a toujours été rejeté par la Gauche, cette chambre supprimée à chaque fois que la Gauche était forte (1793, 1848, 1946) et rétablie à chaque fois qu’elle était faible (1875, 1958).

C’est que le Sénat qui s’appuie sur l’élection indirecte des maires, n’est qu’une expression de l’intérêt des notables ruraux, ne servant qu’à la conservation de l’ordre social établi.

Que cela soit donc au plan historique comme au plan de la priorité politique, actuellement marquée par la question de l’organisation des travailleurs contre la misère sociale, placer son énergie dans cette échéance électorale suffit de prouver la nature opportuniste de cette pseudo « union de la gauche ».

Mais lorsqu’on voit que l’alliance entre EELV et le PS est obligée d’aller chercher une personne comme Claude Barbier, figure intellectuelle du « Mouvement Région Savoie » (MRS) pour boucler sa liste, on se dit que là on est vraiment tomber au plus bas…

Dans le Manifeste de ce mouvement, on lit :

Sur le plan politique, le MRS se positionne au delà du clivage traditionnel droite-gauche.

Le MRS en vient donc à faire du recyclage au mieux de La République en Marche, au pire du Rassemblement National, qui tous prétendent s’affranchir d’un coup de baguette magique de deux siècles d’histoire d’opposition politique.

C’est que le MRS, c’est l’héritier de la mentalité centriste du paysan savoyard, cet état d’esprit mou ne voulant rien trancher de manière ferme.

Et cela rejoint bien les bobos d’EELV : le MRS est depuis longtemps allié des ces « écologistes » car les uns comme les autres fantasment sur la Savoie « d’avant », « préservée », rejettent le « jacobinisme » tout en valorisant une « décroissance » fondée sur le « retour » au petit paysan des alpages…

Tout cela est à mille lieux du mouvement ouvrier qui a façonné une Gauche tournée vers la planification des besoins grâce à la collectivisation des moyens de production et à la centralisation politique.

En s’alliant à de tels énergumènes, le PS finit sa mutation d’un « parti » bafouant sa propre tradition politique, pour ne devenir qu’un faire-valoir de petits-bourgeois animés d’une démarche purement pragmatique.

Fasciné par les quelques victoires d’EELV reposant sur une couche sociale coupée des gens lors d’une élection elle-même minée par une l’abstention record, le PS s’auto-intoxique dans sa vaine stratégie du « bloc social-écologique »…

Avec une telle alliance, le PS montre qu’il est un frein au nécessaire débat sur la reconstitution à la base, d’une Gauche forte car ayant retrouvée son héritage idéologique et sa base sociale.

Mais pour cela, il faut sortir de la démarche pragmatique et oser poser les questions de fond, de contenu non pas simplement « programmatique » mais aussi historique, idéologique, écologique.

Car, en quoi s’allier à un mouvement régionaliste qui parle de « nos paysages, nos cadres de vie exceptionnels (…) aussi devenus des atouts pour le tourisme  » peut-il être réellement porteur d’une protection de la Biosphère ? En quoi s’allier à des régionalistes qui fantasment sur le passé et sont étrangers aux combats de la classe ouvrière, est-il vecteur d’émancipation ?

C’est là que l’on voit tout l’apport d’un dossier à propos de l’ Histoire populaire de la Savoie ou du feuilleton sur les attaques patronales du SNPMI. On ne fait pas de la politique sans développer une vision du monde basée sur une expérience historique.

La Gauche a besoin de la classe ouvrière et la classe ouvrière a besoin de la Gauche.

L’aggravation des destructions écologiques, sur fond d’une crise sociale et économique alimentant les tensions militaires, ne va manquer de replacer cette perspective politique, balayant les prétentions d’une « gauche » bobo qui paralyse tout depuis bien trop longtemps…

2 réponses à « Sénatoriales : l’union EELV-PS sous le signe de la déconfiture idéologique »

  1. Arrêtez de tout fustiger bientôt nous n’aurons plus personne à gauche même si qq fois ils sont un peu frileux ils sont là malgré tout comme EELV

    1. Certes, nous comprenons la critique. Mais nous pensons qu’il ne faut pas sacrifier la Gauche sur l’autel du pragmatisme. Quel rôle positif a la perspective « être là, pour être là » si cela ne se matérialise pas dans un contenu historique, idéologique ? Être coupé de l’héritage ouvrier ne risque t-il pas de se couper tout simplement des bases populaires ?

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