A Cluses, une borne de télé-consultation plutôt que des cabinets de médecins3 min read


Vie quotidienne / mardi, octobre 27th, 2020

La vallée de l’Arve connait une pénurie de médecins généralistes, sans même parler de la médecine spécialisée. Alors que la désertification médicale relève d’une lutte de classe, une pharmacie à Cluses propose une borne de télé-consultation comme palliatif à la misère.

Dans le capitalisme, les médecins sont des entrepreneurs qui ouvrent leur cabinet de consultation, où bon leur semble. Or, pour devenir médecin, il faut faire de longues études et cela se passe évidement dans les grandes villes.

Après avoir été au contact pendant plusieurs années à la vie urbaine et vivant d’un confortable salaire, les médecins ouvrent logiquement leurs cabinets dans une grande ville plutôt qu’à la campagne.

Voilà les éléments qui expliquent la désertification médicale en dehors des grandes villes, là où pourtant se concentrent la majorité des ménages populaires. Et que nous propose t-on face à cela ? Des bornes de télé-consultation !

C’est du moins ce que met en avant la pharmacie du centre-ville de Cluses. Sérieusement, avons-nous perdu tout exigence morale envers nous-mêmes pour se contenter d’une consultation de santé à travers un écran électronique ?

À noter qu’en plus, il faut avoir un smartphone pour pouvoir valider l’adresse e-mail fournie lors de la création de son compte personnel sur la borne… Tout ne doit plus que tourner autour d’un téléphone portable et d’une machine électronique.

>> voir aussi : Pourquoi si peu de médecins dans la vallée de l’Arve ?

C’est là une illustration de mentalités pragmatiques et froides, qui nient la dignité des femmes et des hommes à disposer d’un système de santé de haut niveau.

Cela ne peut que satisfaire des médecins isolés du peuple qui pourront consulter quelques prolétaires à distance, confortablement installés dans le cabinet d’une grande métropole…

Une consultation de santé, même de « bobologie », exige une relation sociale. L’être humain est un être matériel certes, mais c’est de la matière vivante, vivante à travers des échanges sociaux riches. Nulle borne ne pourra remplacer l’échange réel, nécessaire à la bonne prise en charge des patients dans la dignité.

C’est pour cela d’ailleurs que le médecin et député socialiste de Bonneville Amédée Guy faisait la promotion du système de santé en URSS dans lequel infirmières et médecins passaient beaucoup de temps au chevet des patients, ce qui était moqué par le monde capitaliste, n’y voyant là qu’une « perte de temps », un « coût économique ».

Alors non, la borne électronique ce n’est ni le futur de la médecine généraliste, ni une réelle solution à la désertification médicale. Seule la lutte contre la « liberté d’entreprendre » des médecins est à même de régler la désertification médicale.

Car les médecins ne doivent pas avoir le « choix » de s’installer comme bon leur semble : comme les enseignants, ils sont une profession au service du peuple et doivent donc se soumettre à ses exigences.

Et pour cela, il faut bâtir un Etat avec un contrôle centralisé des informations afin d’entamer une politique planifiée des besoins en cabinets médicaux dans le pays.

Une réponse à « A Cluses, une borne de télé-consultation plutôt que des cabinets de médecins3 min read »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.