Couvre-feu en Haute-Savoie : un mal nécessaire3 min read


Politique, Vie quotidienne / samedi, octobre 24th, 2020

Ce jeudi 22 octobre, le premier ministre Jean Castex a annoncé l’extension de la mesure dite de couvre-feu à 38 départements en France, dont la Haute-Savoie. Cette mesure vaut ce qu’elle vaut mais elle a la mérite d’exister face à une seconde vague qui progresse.

Interdiction de se déplacer entre 21h et 6h du matin sans autorisation, bars, salles de sports, cinémas, piscines, et complexes sportifs fermés : les mesures frappent les esprits, et elles sont là pour ça. Car il faut un électrochoc pour éviter une nouvelle vague meurtière.

Au 22 octobre il y avait 131 personnes hospitalisées, dont 18 en réanimation. Pour comparaison, au plus fort de la première vague au printemps, il y avait 295 personnes hospitalisées, pour 61 en réanimation.

Notons également que sur 2 808 tests pcr positifs réalisés en Haute-Savoie entre le 13 et le 19 octobre, 963 concernaient des personnes âgées de plus de 59 ans, soit 34 % des cas détectés.

Lorsqu’on sait que la Haute-Savoie compte une grosse centaine de lits de réanimation, on ne peut que comprendre l’inquiétude plus que légitime du personnel soignant, sans même parler des gens en général inquiets de voir un proche être déplacé dans un autre établissement de soin en France.

>> voir aussi : Faisons face à la seconde vague du coronavirus avec humilité

Or, quoi qu’en disent les gens qui se la jouent contestataire sur le mode beauf râleur, la fermeture des bars est justifiée car ils sont des lieux à risque, comme le rappelle très justement le gérant du Café des Sports à Saint-Gervais :

Avec l’alcool, les gens ne sont pas raisonnables. Ils ne respectent pas la distanciation, ils se regroupent entre eux. C’est le soir, ils sont forcément moins sérieux. Mieux vaut que les règles viennent d’en haut

Alors oui, la campagne de tests n’est pas à la hauteur, oui le manque de lits en réanimation est un scandale. De ce point de vue, l’époque exige un mouvement populaire pour la nationalisation des laboratoires d’analyses médicaux et des hôpitaux privés.

Et en effet, le gouvernement met en oeuvre des mesures d’urgence sanitaire qui ne touchent pas aux grands secteurs du capitalisme car ni les usines, ni les zones commerciales bondées ne sont fermées.

Mais après avoir dire cela, quelle conclusion en tirer ? Sans vaccin, sans traitement réellement efficace, ce ne sont pas 300, 500, 1 000 lits de réanimation qui peuvent tout régler par magie…d’autant plus que l’hiver arrive avec son lots de virus.

La décence populaire appelle donc au respect des soignants et à la protection collective des plus fragiles, malgré et contre l’esprit des beaufs et des râleurs en tout genre qui n’aident en rien les choses.

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