Dynastar : refuser le piège du nationalisme


Politique / samedi, octobre 17th, 2020

Le plan social à l’usine Dynastar ne passe pas inaperçu. Des élus locaux de droite distillent de fausses solutions qui ne font que brouiller les enjeux réels.

Fin septembre, Georges Morand, maire de Sallanches, avait lancé un appel au gouvernement pour baisser les charges patronales. Car c’est selon lui ce qui rendrait les entreprises françaises moins « compétitives ».

C’est là un point de vue typiquement anti-social des bourgeois. En disant cela, Georges Morand veut faire payer aux travailleurs le coût de la crise en faisant sauter une partie de leur protection sociale.

Car ce qu’il appelle honteusement des « charges patronales », ce n’est rien moins qu’une source de financement de structures sociales dont nous bénéficions : sécurité sociale, indemnités face à la perte d’emplois, congés payés, etc.

Mais cette protection sociale ne tombe pas du ciel évidemment, elle a été arrachée des mains du patronat par plusieurs décennies de lutte ouvrière. Et c’est bien ce qui agace la Droite.

Monsieur Morand a récidivé dans ses appels en écrivant une lettre adressée au président de la République, qui a été relayée et soutenue par Loïc Hervé sénateur de centre-droit de Haute-Savoie fraîchement réélu.

Dans cette lettre, Monsieur Morand n’a quasiment aucun mot pour les travailleurs laissés sur le carreau. Mis à part une vague allusion au « drame humain », tout le propos n’est qu’un éloge de la société Rossignol, un soit-disant fleuron de l’industrie française.

Monsieur Morand oublie de préciser que si le groupe Rossignol a son siège social en France, elle est entreprise internationale qui possède des usines au quatre coins du monde, en France, en Espagne , en Moldavie, aux États-Unis et, il fut un temps, en Chine.

De plus, Monsieur Morand parle de « fierté » lorsqu’il voit des sportifs gagner avec des skis Rossignol alors que ces skis ne sont pourtant pas produits à Sallanches…

Peu importe, car in fine Monsieur Morand et Monsieur Hervé montrent encore une fois qu’ils n’en ont rien à faire des travailleurs : pour eux, seule la valeur publicitaire de « leur » vallée compte.

Bien sûr, tout cela est fort logique pour des gens qui sont issus de la Droite, donc du monde de la propriété industrielle et commerciale, et non pas de celui des travailleurs.

Pour analyser les choses du point de vue de l’intérêt des ouvriers , il faut comprendre ce qu’il se passe de manière rationnelle.

Quelle est la justification de ce plan (anti) social ? Pour les actionnaires groupe Rossignol, elle est une conclusion logique après analyse de l’exercice comptable en lien avec la prévision du marché.

C’est ce qui explique que si l’usine Dynastar est une usine rentable pour elle-même, elle se trouve dans le groupe Rossignol qui, lui, voit que les volumes de productions absorbables par le marché sont en baisse (réchauffement climatique et Covid-19 obligent).

A la perspective de vendre moins de marchandises, doit répondre plus d’exploitations du travail, si possible moins couteux, justement pour tirer plus de profits sur le reste des volumes de skis prévus à la vente. L’usine Rossignol à Artes en Espagne offre cette possibilité de faire une économie au sein d’un ajustement comptable général, ni plus, ni moins.

En soi, il n’y a aucun intérêt à dénoncer la délocalisation car si celle-ci n’avait pas lieu, les salariés du site de Sallanches seraient encore plus pressurisés pour satisfaire la gloutonnerie de profits des actionnaires (ce qui va être le cas pour les travailleurs d’Artes en Espagne).

Pour les prolétaires, le pseudo-choix c’est : voulez-vous travailler plus en étant payé moins, ou voulez-vous perdre votre emploi ? Misère ou exploitation, c’est du pareil au même !

Les travailleurs de l’usine Dynastar n’ont donc aucun intérêt à se rallier aux appels démagogiques et irrationnels. Que l’on soit en France, en Espagne ou en Moldavie, la classe ouvrière a un cerveau similaire et les mêmes capacités qui sont exploitées par la même clique d’actionnaires.

A l’activité internationale du groupe doit répondre la solidarité internationale des travailleurs afin de briser ces inégalités sociales qui ne font que le jeu des démagogues et des capitalistes. Prolétaires de tous les pays, unissez vous ! disait le slogan, toujours actuel.

Par conséquent, a minima, les travailleurs de Dynastar à Sallanches n’ont qu’une seule chose à faire : s’organiser et se battre pour que ceux qui partent empochent le maximum d’argent, qui leur est dû. Ce n’est pas aux ouvriers de payer la crise.

Pour celles et ceux qui souhaitent pousser plus loin, la seule et saine conclusion possible est que le système capitaliste, par nature inégalitaire et anti-social, doit être renversé.

Et pour cela, la classe ouvrière doit oser s’exprimer afin de développer sa propre ligne politique pour que cesse la confiscation de sa parole par des faiseurs d’opinions éloignés de ses intérêts.

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