Faisons face à la seconde vague avec humilité


Politique / vendredi, octobre 16th, 2020

La seconde vague de SaARS-CoV-2 a commencé sa courbe ascendante dans le pays de manière certaine. Avec l’arrivée prochaine des pathologies spécifiques de l’hiver, cela n’inaugure rien de bon. Sauf si la discipline collective est au rendez-vous.

Ce sont 30 621 nouveaux cas qui ont été détectés hier en France, ce qui fait de la France le premier pays d’Europe à dépasser ce chiffre.

Des nouvelles mesures ont donc été adoptées comme le couvre-feu dans neuf aires urbaines à partir de demain samedi à minuit, la mise en avant du principe de ne pas se retrouver à plus de six personnes dans un espace clos, ainsi que l’interdiction des rassemblements festifs partout dans le pays.

Et comme on s’en doute la Haute-Savoie n’échappe pas à la remontée épidémique. Dans le département, le le taux d’incidence sur une semaine est passé de 31, 26 au 1er septembre, à 106, 47 au 10 octobre.

Alors que le taux d’occupation des lits de réanimation était de 6,4 % au 1er septembre, il était au 13 octobre de 40, 1 %.

Alors, certes, on peut se dire que les 1 029 personnes qui sont retournées à domicile depuis le début de l’épidémie sont un signe encourageant. Mais qui a réellement envie de passer une semaine sous respirateur artificiel grâce à un tube glissé dans la trachée ?

De plus, on sait maintenant que dans de nombreux cas, la maladie ne s’arrête pas d’un coup : sortir de l’hôpital ne signifie pas forcément la fin des maux. Longtemps après la fin des symptômes, beaucoup de gens montrent des signaux de fatigue, une perte permanente du goût et de l’odorat, des difficultés respiratoires persistantes, voir même des séquelles neurologiques.

>> voir aussi : Sallanches : 60 personnes rassemblées pour exiger un système de santé de qualité

La réponse politique d’Emmanuel Macron est de maintenir son cap « centriste » en décidant un demi-confinement tout en laissant ouvertes les grandes usines, les transports en commun, les établissements scolaires et en autorisant les départs en vacances dans des zones non soumises au couvre-feu.

C’est mieux que rien dira t-on…espérons que cela joue son rôle de freiner l’épidémie même s’il aurait fallu quelque chose de plus grande envergure, de plus ferme.

Puisque le principe de précaution ne peut pas être appliqué fermement dans le capitalisme, c’est la collectivité qui doit prendre le relais. Comme le disait Christian Roth, responsable du Pôle Soins Critiques du Centre Hospitalier Annemasse-Léman (CHAL), le 22 août :

La différence [d’avec la première vague – ndr], c’est qu’aujourd’hui les gens vulnérables font attention aux gestes-barrière, portent le masque alors si les personnes moins à risques prennent aussi des précautions, notamment avec leurs aînés, les gens fragiles, alors on pourra éviter une seconde vague de l’ampleur de la première.

Le cluster détecté au Mont-Saxonnex à la suite d’un repas de famille au début du mois de juin montre bien comment certaines personnes se moquent des efforts élémentaires à effectuer… Y compris et surtout dans la sphère privée.

Si l’on regarde les choses en face, comment ne pas voir que la seconde vague est en grande partie due à ce relâchement ? Relâchement qui a été alimenté, en partie, par des idées farfelues.

A ce titre, n’est-il pas stupéfiant que le directeur des hôpitaux de Sallanches soit encore obligé de rappeler il y a quelques jours dans le Dauphiné Libéré :

« Il n’y a pas de complot sur le masque comme on a pu l’entendre, insiste-t-il. C’est le principal geste barrière pour éviter la propagation de l’épidémie. »

Les gens peuvent bien délirer sur tout ce qui leur passe par la tête, le fait est que l’on subit une pandémie mondiale qui ne tombe pas du ciel mais d’un mode de vie destructeur de la Biosphère. La véritable critique se situe ici, et nulle part ailleurs.

En attendant de pouvoir changer ce mode de production destructeur qui nous entraîne dans sa décadence, il faut bien faire face à la pandémie avec les moyens que l’on a à disposition : les gestes barrières et la discipline collective.

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