Chasse : la mairie de Taninges interdit les rives du Giffre aux promeneurs


Ecologie, Vie quotidienne / mardi, octobre 20th, 2020

Les associations de chasse et les pouvoirs municipaux dans les zones rurales sont intimement liés. Cela conduit au pouvoir anti-démocratique des chasseurs, un pouvoir pourtant remis en cause par la volonté populaire de plus en plus tournée vers une nature plus paisible, plus harmonieuse.

A Saint-Jean-d’Aulps, William Chalençon est à la fois le maire de la commune, alpagiste et président de l’ACCA locale. Ceci est une exemple parmi tant d’autres de place importante qu’a milieu de la chasse dans le pouvoir local.

>> voir aussi : le président des chasseurs 74 en mode « la nature c’est moi ! »

Et voilà qu’un nouvel arrêté municipal pris par la majorité municipale de Taninges vient confirmer encore une fois cette imbrication, anti-démocratique et anti-populaire, entre le pouvoir municipal rural et les associations communales de chasse aggréées (ACCA).

Dans son arrêté du 13 octobre 2020, le maire offre aux adhérents de l’ACCA de Taninges la totale liberté de chasse du sanglier dans une zone normalement classée rouge. Dans cet arrêté, le maire précise :

« Considérant qu’il convient, en prévention d’accident de chasse, d’interdire, aux autres utilisateurs que les chasseurs habilités, l’accès aux chemins le long du Giffre […] pendant les jours de chasse ouverts au sein des zones rouges »

Le maire préfère donc interdire plusieurs matinées l’accès aux chemins le long du Giffre, pourtant classés « zone rouge », c’est-à-dire que la chasse y très fortement encadrée et limitée.

Mais tout cela est fort logique entre notables locaux bien insérés dans le tissu économique et politique municipal : le président de l’ACCA de Taninges, Monsieur Jean-Paul Puthon, n’est-il pas également le propriétaire d’une maison de Gites touristique ?

Au-delà de l’entre-soi des notables, c’est bien de la protection politique des chasseurs qu’il s’agit car les chasseurs de Taninges ont été au centre du drame de Montriond en 2018. Le 13 octobre 2018, un chasseur de 22 ans de Taninges avait en effet tué un malheureux vététiste lors d’une battue aux sangliers organisée par l’ACCA de Montriond.

Les chasseurs pourront bien prétexter de leur soit-disant « utilité publique » pour la régulation des sangliers, il n’en reste pas moins vrai qu’ils sont le résidu d’une approche périmée de la nature. Car chacun sait maintenant grâce au très bon travail du naturaliste Pierre Rigaux, que la prolifération du sanglier n’est qu’un mythe savamment entretenu pour masquer les déséquilibres engendrés par l’être humain sur cette espèce animale.

Pour ne citer qu’un seul déséquilibre anthropique, pensons à l’agrainage qui vise à nourrir les sangliers en disposant de la nourriture dans la forêt, pratique très fréquente des chasseurs.

Et comment ne pas voir que le « zone rouge » du Giffre offerte aux chasseurs est une parcelle de forêt coincée entre deux routes départementales et plusieurs exploitations agricoles… amenant logiquement les sangliers à parfois empiéter sur les cultures.

La bande de forêt au milieu classée « zone rouge », avec en bas à droite les parcelles agricoles

Protection concertée des promeneurs ? Encadrement planifié des espaces agricoles pour favoriser la vie sauvage ? Tout cela n’est qu’une perte de temps lorsqu’on le peut administrer au plus efficace, au plus économique grâce aux « bonnes vieilles » chasses.

La lutte entre pro et anti-chasse ne concerne donc pas une stérile opposition entre « urbains » et « ruraux », mais belle et bien une bataille démocratique et populaire portée par tous les amoureux d’une nature paisible contre les notables de la Droite, baignant dans une conception violente et passéiste de la nature.

Une réponse à « Chasse : la mairie de Taninges interdit les rives du Giffre aux promeneurs »

  1. J’habiterais près de Tanninges : j’irais demander audience au maire. Si c’est une fin de non-recevoir qui m’était opposée, je passerais à la vitesse supérieure et irais manifester pacoifiquement devant la mairie.
    Plus généralement, ilne suffit plus de se lamenter sur les réseauc sociaux. Il faut enclencher la vitesse supérieure et agir, dans le cadre de la légalité – et aussi oeuvrer pour faire changer les lois. Si nos représentants sentent que le vent tourne, il feront, telles les girouettes des actions au parlement pour conserver leurs chances de se faire réélire…..Prenons exemple , par ailoloeurs,sur le Canton de Genève qui a interdti la chasse voici plus de 40 ans (certes avec des gardes prêts à intervenir si « réguler » est absolument nécessaire) La ville de Genève est-elle pour autant envahie? Bonne continuation. merci pour votre combat.
    PS Selon les mêmes « arguments », le maire de tanninges devraient également interdire les routes traversant sa commune…..

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