L’offensive anti-sociale du patronat du décolletage continue4 min read


Politique, Vie quotidienne / vendredi, octobre 30th, 2020

Publiés la semaine dernière, les résultats de la huitième vague d’enquête du pôle « Mont-Blanc Industries » attestent d’un grippage économique toujours en cours, avec pour conséquence des patrons prêts à forcer « la reprise ». Alors qu’ils sont clairement en train de payer la première facture de la crise économique, les travailleurs doivent se ressaisir !

A la première question « Quelle est votre niveau d’activité cette semaine ? » , 49 % des interrogés répondent avoir une activité jugée entre 85 % à égale ou supérieure à 95 % d’avant la crise, lorsqu’ils n’étaient que 12,2 % à indiquer un tel niveau lors de la deuxième vague d’enquête en avril.

Mais cela est tout bonnement ridicule car l’activité ne peut évidemment qu’avoir « reprise » si l’on se borne à comparer la situation du printemps 2020, marquée par un arrêt économique presque total, et la rentrée de septembre.

D’ailleurs, même après 7 mois du début de la crise sanitaire, le secteur n’a pas re-gagné son niveau d’activité d’avant le confinement. Cela risque d’être d’autant plus dur que ces réponses ont été obtenues début octobre, lorsque la seconde vague de covid-19 n’avait pas imposé un nouveau confinement.

Cette mentalité qui se borne à anticiper les choses au jour le jour est également visible dans le fait que la grande majorité des chefs d’entreprise (73,8%) attendent la suppression des impôts de production comme mesure importante pour la « relance ».

>> voir aussi : Décolletage : suppression des impôts de production, la ligne du combat anti-social

Or, dans le même temps, la quasi majorité des patrons (94 %) placent la recherche de nouveaux clients (donc aussi de nouveaux marchés) comme une priorité essentielle pour l’avenir.

Pourtant des mesures telles que la « décarbonation de l’industrie », le soutien à la « filière hydrogène », ou bien encore la « rénovation énergétique des TPE/PME » ne sont attendues que par un petit tiers des dirigeants.

Pouvoir ré-accumuler du capital au plus vite, au plus simple, tel est le mot d’ordre actuel. Et dans la configuration telle qu’elle se présente, cela ne peut se faire que dans la soumission aux grandes entreprises, aux donneurs d’ordres, capables de faire émerger, par la force, les nouveaux marchés.

C’est un signe du renforcement autoritaire du capitalisme, se faisant au dépend des petites entreprises les plus fragiles, qui vont ou sont déjà balayées du « jeu ».

Dans le même temps, si une majorité de chefs d’entreprises attendent la suppression des impôts de production, presque un tiers (23,8 %) disent que cela n’améliora pas leur « compétitivité », et 16,9 % ne se prononcent pas !

Le ministre de l’économique Bruno le Maire fait pourtant de cette mesure l’alpha et l’oméga de la « reprise économique », n’ayant demandé aucunes contre-parties sociales à ce cadeau fiscal.

Car, dans le capitalisme, la contre-partie c’est la dégradation de la vie des travailleurs. On a d’un côté le maintien du chômage partiel, des suppressions de postes, et d’un autre côté un effort supplémentaire demandé aux travailleurs.

Qu’une immense majorité de dirigeants affirment la nécessité de « réorganiser le travail pour faire plus avec moins » signifie accentuation de la « politique de l’élastique » : l’exploitation du travailleur va être tirée à l’extrême, avec plus de « polyvalence », plus de « flexibilité »…tout cela sans embauches supplémentaires, ni garanties salariales si ce n’est la carotte des « heures supplémentaires ».

Car 11, 2 % des patrons déclarent avoir effectué des licenciements économiques contre 0,7 % au 31 mars 2020. De la même manière, plus d’une majorité disent toujours recourir au « chômage partiel » (56,7 %) et avoir lancé un plan d’économie (43 % des répondants contre 31 % au 6 avril 2020).

Face à la crise, il n’y a pas 36 000 solutions: ou bien la classe ouvrière en paiera le prix au plus fort, ou bien elle s’organise pour tout changer.

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