3 morts du covid-19 par jour en Haute-Savoie : nous n’oublierons pas3 min read


Vie quotidienne / mardi, novembre 10th, 2020

En fait-on « trop » avec l’épidémie de covid-19 ? Mais comment peut-on dire cela ? Que de cynisme, que de nihilisme, que d’insensibilité, que de corruption dans un monde où seule la liberté de consommer est le saint-graal…

Alors oui, il faut rappeler les chiffres, même si ces « chiffres » qui expriment la réalité objective n’en restent pas moins froids, laissant de côté des familles dans le deuil.

Entre le 17 mars et le 17 juin, l’épidémie de de coronavirus a engendré le décès de 162 personnes en Haute-Savoie. En seulement un mois, soit depuis le 9 octobre, ce sont déjà 117 personnes qui sont mortes des complications virales. Soit trois décès toutes les 24 heures…

Qui pense à cette grand-mère décédée seule sur un lit de réanimation, sans avoir pu voir une dernière fois ses proches ? Des proches qui reçoivent simplement une photo du défunt… Comment ne pas sombrer dans la tristesse, puis dans la rancoeur ou le fatalisme ?

Et voilà que l’on apprend que 56 résidents de l’établissement pour personnes âgées Les Edelweiss à Scionzier sont contaminés au Covid-19, tout comme de nombreux résidents d’autres maisons de retraite.

Les gens sont irresponsables, et ils tirent évidemment leur inconséquence d’une société dominée par une bourgeoisie elle-même incapable de fermeté, d’organisation collective, de mise en perspective de long terme.

Cette inconséquence populaire, on peut la voit chez ces gens mentionnés par le docteur Patrick Broin, des gens qui arrivent aux urgences de l’hôpital de Sallanches après avoir eu un accident en randonnée… sur-chargeant encore un peu plus les services déjà mis à rude épreuve.

Est-il si difficile de rester chez soi en 2020, avec cet accès merveilleux à la culture universelle qu’est Internet, à condition bien sûr de savoir l’utiliser ? On repensera ici, avec une grande indignation, à tous ces hippies de droite demandant l’autorisation d’aller en montagne en plein confinement…

La corrosion du capitalisme est telle que la santé, les morts évitables, sont relativisés : il faut bien « sauver » l’économie, il faut bien « aider » les petits commerçants, il faut bien « faire son système immunitaire »…

Il faut bien ceci, il faut bien cela : il faut tout, tout sauf protéger réellement la santé de toutes et tous par le confinement, tout sauf s’impliquer dans un reversement complet de perspective… Changeons les choses, oui, mais sans moi !

Les capitalistes sont coupables, coupables de faire le forcing dans la course aux profits, les consommateurs aliénés dans le capitalisme sont complices, complices de se satisfaire d’aller travailler et de pouvoir continuer à consommer par internet des objets non-essentiels, la Droite est coupable de faire pression pour limiter le confinement…

Alors non, les larmes sont légitimes, la tristesse est digne et tout cela doit se transformer en une tempête de feu pour moraliser la société, toute la société, car c’est de cela dont elle a besoin. Force est de constater que, malgré l’actuelle passivité, malgré l’insensibilité prégnante partout, un re-formatage complet – et non pas une « mise à jour » – est plus que nécessaire.

Alors non, nous ne céderons pas à l’insensibilité, nous ne consentirons pas au cynisme, nous ne capitulerons pas devant le nihilisme. Nous essuyons nos larmes dans un mouchoir rempli de colère, une colère qui cible tout un monde sombrant dans le nihilisme et l’individualisme anti-social.

Nous sommes la mémoire morale du peuple. Nous n’oublierons pas : ni les coupables, ni les complices.

Une réponse à « 3 morts du covid-19 par jour en Haute-Savoie : nous n’oublierons pas3 min read »

  1. Tout à fait d’accord avec vous.
    Je partage et je soutiens votre façon de penser et de voir la situation.
    La santé et la vie sont tellement précieuses. Le reste n’est qu’illusion achat, sorties ….. le jour où nous perdons des êtres chers,oú nous tombons malade, la vie est beaucoup moins belle et peut nous importe d’aller faire du shopping, d’aller au restaurant, ou que sais-je ? À ce moment-là, nous sommes à la « vraie vie  » et à ce moment précis, nous reconsidérons nos priorités.

    Bien cordialement

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