La nocivité de la pollution est moins une question de quantité que de nature des particules


Ecologie / vendredi, novembre 27th, 2020

Ce 18 novembre, le Paul Scherrer Institut, un centre de recherche suisse en sciences naturelles et en ingénierie a publié les résultats d’une étude à propos de la nocivité des polluants en suspension dans l’air. Il est ainsi dit que la quantité de pollution n’est pas toujours à même de juger de la nocivité de l’épisode.

Pour juger de la nocivité, il est mis en avant le potentiel oxydatif de certaines particules, et cela même en faible quantité. Il est donc parlé de notion qualitative de la nocivité de la pollution, tandis qu’il y aurait une pollution qui serait quantitative mais moins nocive.

L’oxydation, c’est le phénomène de dégradation auquel sont soumis beaucoup de molécules au contact de l’oxygène. C’est bien connu au niveau des métaux, avec le cuivre qu’il faut traiter pour qu’il ne devienne pas vert, ou la pomme de terre qui brunie si on la laisse à l’air libre après l’avoir épluché.

Les cellules du corps humain n’échappent pas à cette tendance à l’oxydation, à ceci près qu’il produit également des anti-oxydants en réponse, pour contre-carrer la tendance. La vitamine C est l’anti-oxydant le plus connu, elle sert par exemple souvent de conservateur pour retarder l’arrivée des moisissures sur la nourriture.

Les oxydatifs, dont il est parlé dans l’étude, ce sont les particules qui vont dégrader les anti-oxydants et donc enlever à l’organisme son auto-défense contre le vieillissement de ses tissus cellulaires. Elles ont un potentiel oxydatif.

Or, l’étude du PSI vient confirmer que c’est la pollution d’origine anthropique qui est la plus dangereuse (qualitatif) :

Le potentiel oxydatif des particules fines, en revanche, est déterminé par des aérosols organiques secondaires anthropiques, qui proviennent surtout des chauffages au bois, et par des émissions de métal issues de l’abrasion des freins et des pneus dans la circulation routière

Ce constat est inquiétant : dans la vallée de l’Arve, le programme DECOMBIO réalisé sur quatre ans a identifié quelles étaient les sources contribuant aux particules fines PM10.

Il en est ressorti que la part des sources naturelles et anorganiques secondaires (de biogenic primary à sulfate-rich) étaient moins importantes que celles issues des sources anthropiques comme le sont principalement les feux de cheminée, et dans une moindre mesure la circulation routière.

Avec le phénomène particulier d’inversion des températures qui forme un couvercle, on a donc localement tout à la fois beaucoup de particules fines en suspension (quantitatif), et dont la nature est particulièrement nocive (qualitatif).

Tout cela pose la question de la mesure de la pollution. En effet, les stations mesurent la quantité de polluants dans l’air, ce qui permet ensuite d’établir des seuils d’alerte. Au début du mois de novembre, il y a ainsi eu un épisode de pollution du fait d’une grande concentration de poussières venues du Sahara.

Mais l’approche quantitative ne permet pas de mesurer pleinement l’impact sanitaire, et en général écologique, de l’exposition même faible à la pollution chronique engendrée principalement par les feux de cheminées, ainsi que par les activités industrielles et la circulation routière.

Toujours est-il que l’on progresse sur le chemin de la connaissance, et cela est plus que salutaire. Alors que la pollution de l’air est un problème de santé majeur, il est évident qu’on a besoin d’un État au service du peuple afin de soutenir, généraliser et populariser ce type d’études.

Car seule une profonde connaissance rationnelle, ensuite synthétisée et portée au cœur du peuple peut faire émerger un mouvement démocratique capable de changer tout ce mode de vie anti-naturel.

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