Cranves-Sales : vers une fermeture de l’usine Baumann Ressorts


Vie quotidienne / mardi, décembre 15th, 2020

Auparavant nommée RENAD, l’usine située sur la commune de Cranves-Sales est spécialisée dans la fabrication de bobines, et surtout de ressorts par transformation de matière à froid.

Rachetée en 1997 par le groupe Baumann qui a son siège social basé en Suisse, cette usine reste juridiquement classée comme une entité à part du Groupe Baumann sous l’appellation « Baumann Ressort ».

Toutefois, elle bénéficie des capacités marketing de la maison mère. Le groupe Bamman emploie 1600 salariés partout dans le monde (Etats-Unis, Corée du Sud, Mexique, Inde, Italie, etc.) pour un chiffre d’affaire avoisinant les 220 millions de dollars pour l’année 2019, soit environ 181 millions d’euros.

L’usine Baumann Ressort compte aujourd’hui 43 salariés et, après déjà quelques licenciements en début d’année 2020, c’est aujourd’hui l’ensemble du personnel qui est menacé par une fermeture pure et simple du site.

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La production de ressorts sert dans d’innombrables domaines tels que le nucléaire, le médical, l’automobile, l’aéronautique, les chemins de fers et fourni des entreprises comme Somfy, Salomon, mais aussi des fabrications centrales pour tout le reste de la production comme Stäubli ou la SNCF.

Pour ces entreprises comme pour les sous-traitants qui dépendent de la production de Baumann pour fonctionner tels que l’usine Hacer à Scionzier qui prodigue des traitements sur les pièces, la fermeture du site ne peut qu’entrainer une crise, ne serait-ce que temporaire.

Car effectivement chaque entreprise en lien Baumann va être obligée de retrouver des fournisseurs pour maintenir la production, voir même de faire des licenciements, spécialement pour les entreprises pratiquant des modifications ou des traitements sur les pièces produites par Baumann.

La situation de l’usine Baumann Ressort est donc un marqueur très important sur l’ampleur de la crise économique en cours. La production de ressorts, bien que discrète, est essentielle au cycle de fabrication de nombreuses choses utiles au quotidien. Cela signifie qu’il y a une chute de production dans quasiment tous les secteurs nécessitant des ressorts.

Quoi qu’il en soit, les salariés de l’entreprise Baumann ont participé durant des années à améliorer par leurs efforts au travail les conditions de vie de nombreuses personnes.

En effet, les ressorts permettent à de multiples aspects de la vie de fonctionner, que l’on pense donc aux trains, aux fixations de ski ou encore de manière très actuelle au milieu médical. Au coeur de leur vie quotidienne, les travailleurs de Baumann doivent s’organiser et se battre pour partir dans la dignité.

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Ils doivent taper fort contre Thomas Rüegg, principal actionnaire du groupe Baumann et héritier d’une entreprise qui se transmet de père en fils depuis cinq générations. Des générations de capitalistes qui s’enrichissent sur le labeur des travailleurs.

Ce n’est pas aux prolétaires qui ont fait des efforts des années et des années, en y laissant des parties de leur santé et l’équilibre de leur famille, de payer la facture.

L’argent de Baumann est là : il est temps de le récupérer

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