Des loups aperçus sur les pistes de ski à Saint-Gervais2 min read


Ecologie / mardi, décembre 8th, 2020

Ce vendredi 4 décembre, des loups ont été vus sur les pistes du domaine skiable de Saint-Gervais. Une majorité de personnes s’est émerveillée de cette présence : c’est un témoin renouvelé de comment le recul de l’activité humaine est bénéfique à la vie sauvage.

Lors du premier confinement, tout le monde avait pu remarquer comment cette grande mise à l’arrêt de l’activité humaine avait permis à la vie sauvage de reprendre sa place.

À la fin du mois de mars, on s’enthousiasmait déjà de ce loup qui s’amusait dans la neige de Courchevel, après que les pistes de ski aient été fermées prématurément.

En ce second « confinement » qui a reculé la date d’ouverture des pistes, quel bonheur que de contempler ces loups, gambader librement dans leur environnement. C’est bien là que l’on voit que l’Humanité prend beaucoup, beaucoup de place. Trop de place dira-t-on ?

Dans tous les cas, lorsque les flux de skieuses et de skieurs dévalent la pente, que les canons à neige déversent bruyamment leurs cristaux artificiels, que les dâmeuses s’activent toute la nuit à façonner l’or blanc, il est évident que les loups vont ailleurs. Mais où vont-ils, d’ailleurs ?

On peut bien se le demander à la vue des liaisons des domaines skiables qui n’en finissent pas de s’agrandir et de l’urbanisation qui n’en finit pas de grimper dans la montagne, sans même parler des fonds de vallée…

Dans ce contexte, il y a également les mauvais esprits. Ces mentalités du vieux monde qui trouvent encore le moyen de vouloir effrayer ces loups, au pire de les tuer pour protéger unilatéralement les troupeaux d’élevage… Comme si nous étions encore dans les années 1950.

Des chasseurs aux éleveurs qui pratiquent le pastoralisme, en partie pour l’entretien des pistes de ski, on a là toute une attitude anthropocentrée typique d’un mode de production dépassé. Ce n’est pas le loup qui menace l’homme (ou plutôt ses animaux domestiques) mais bien l’homme qui empiète sur l’habitat du loup, comme sur tant d’autres espèces vivantes.

Et comment ne pas être frappé du décalage entre l’heureux constat de la liberté offerte à la vie sauvage et la délirante et tapageuse contestation des domaines skiables pour forcer à leur ré-ouverture ? Il y a ici toute une couche sociale à la mentalité passéiste, qui s’oppose à tout changement d’envergure pour la Nature.

Car si l’on devait retenir qu’une seule leçon du confinement, n’est-ce pas celle qui veut que quand l’homme recule, les animaux retrouvent un espace adéquat ? N’est-ce pas dans cette direction, établie de manière rationnelle et démocratique, qu’il faudrait aller ?

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