Encore un drame pour les animaux sur la route


Ecologie, Vie quotidienne / jeudi, décembre 10th, 2020

Dans la soirée du mardi 8 décembre 2020, un terrible accident d’un camion italien transportant des taurillons (de jeunes veaux mâles) sur l’A40 au niveau de Passy en direction de Chamonix, a causé la mort de 19 d’entre eux sur les 60 transportés. Le chauffeur a été évacué en état d’urgence à l’hôpital de Sallanches.

Depuis les années 1970, le chiffre du transport d’animaux vivants dans le monde est en constante augmentation. En 50 ans il a été multiplié par 16. En 2017, ce sont 2 milliards d’animaux qui ont traversé les frontières dans le but d’être engraissés et tués, ce qui exclue de fait les transports intra-nationaux qui pourraient faire exploser ce chiffre notamment avec les Etats-Unis.

En Europe ce sont près d’un milliard de volailles et 37 millions de bovins, ovins, porcs et équidés qui sont transportés par divers moyens vers les abattoirs chaque année.

La France est le premier pays exportateur mondial de bovins vivants, ces animaux, essentiellement de jeunes mâles entre 8 et 12 mois, parcourent des milliers de kilomètres dans des camions ou des bateaux dans des conditions plus que détestables.

La première destination des exports de bovins vivants français est l’Italie, ce qui explique l’immatriculation italienne du camion accidenté à Passy.

Ces animaux sont entassés dans des bétaillères dans des conditions désastreuses causant stress, déshydratation, dénutrition, blessures. Sans compter la propagation de maladie.

En Europe, un animal peut subir un transport de 29 heures avant de pouvoir bénéficier d’eau et de nourriture, les animaux non sevrés (bébés) sont eux soumis à une limite de 19 h avant de pouvoir manger ou boire. Nombre d’animaux décèdent avant d’arriver à destination…

>> voir aussi : Bonneville : un taureau se libère de l’abattoir et fini abattu par la gendarmerie

Face à de telles conditions d’existences, l’historien américain spécialiste de l’holocauste et fils d’un résistant antinazi, Charles Paterson, n’avait-il pas raison de parler de la vie des animaux comme d’un « éternel Treblinka » ? Comment ne pas vouloir refuser toute cette industrie fondée sur la mort d’êtres innocents ?

Le capitalisme qui fait la promotion des animaux comme de simples marchandises, reproductibles à l’infini, pousse les industriels de la viande à toujours chercher plus d’animaux à tuer.

Cela incite les pays à la spécialisation dans cette industrie mortifère, avec certains qui vont abattre, et d’autres élever, avec donc un nombre grandissant d’animaux transportés d’un pays à l’autre. Dans un tel contexte, le chauffeur qui conduit un poids-lourds dans lequel des animaux survivent, est lui aussi dominé par tout un mécanisme froid, cruel…

En 2020, alors que le Covid-19 nous montre les effets que peuvent avoir la sur-concentration d’animaux dû à l’élevage ou à la destruction humaine de leur habitat, particulièrement aujourd’hui alors que la grippe aviaire menace à nouveau, il est grand temps de se rendre compte du carnage qu’entraîne l’exploitation animale et la marchandisation du vivant.

Il faut que cela cesse.

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