Le feu de cheminée, un moyen de chauffage du passé…à dépasser3 min read


Vie quotidienne / vendredi, décembre 18th, 2020

Le feu de bois est le mode de chauffage le plus ancien de l’histoire humaine, c’est d’ailleurs vraisemblablement la seule « technologie » de l’époque pré-historique qui se maintienne quasiment telle quelle. C’est incompréhensible du point de vue de notre évolution.

La maîtrise du feu par l’humanité à été très lente, les débuts se résumaient probablement à recueillir des flammes issues d’incendies naturels et l’entretenir le plus longtemps possible. Cela a permis de connaître progressivement les bons combustibles, avant de parvenir à produire la première flamme.

Les premières traces de feu domestiqué remontent à 700 000 ans avant JC, cela consistait à frotter un silex avec une pierre riche en fer, recueillir les étincelles sur la mousse d’un champignon produisant immédiatement de la braise, les mettre dans des herbes sèches, puis dans les brindilles, le petit bois, avant d’ajouter des bûches.

Ce qui était à l’époque un véritable saut qualitatif dans le mode de vie avec même des conséquences énormes sur le développement biologique de l’humanité, n’a pas évolué pendant des centaines de milliers d’années. Le briquet ce sont des pierres qui se frottent, le bois est maintenant cultivé et les cheminées sont des foyers plus complexes mais pas fondamentalement différentes dans le fond.

À coté de ça, on est capables de créer de grandes centrales thermiques avec un réseau de canalisations pouvant chauffer des centaines de foyers d’un coup, mais la cheminée subsiste et regagne même du terrain ces vingt dernières années.

Alors qu’on se rend compte aujourd’hui que les émissions dues à la combustion de bois sont mauvaises pour la santé, qu’est-ce qui nous retient de passer à autre chose ?

>> voir aussi : confinement et pollution de l’air : toujours des particules fines

Essentiellement deux choses, la première c’est tout simplement la tradition, donc rien de difficile à dépasser quand on est de Gauche. Si ce n’est qu’il faut oser remettre en cause le modèle de la maison individuelle qui est le pendant conformiste de cette tradition.

La deuxième c’est son faible coût. En effet, une grande partie des forêts françaises ont été converties en sylvicultures, cela est particulièrement frappant lorsque l’on se ballade par exemple en Auvergne dans le parc national du Livarois-Forez où l’on voit de nombreuses coupes à flanc de montagne.

Il y a donc du bois en abondance et leur culture représente un faible coût avec peu de variabilité de tarif.

Les forêts sont ainsi réduites à des parcelles où les différences de croissance forment un patchwork, le plus souvent avec une seule essence d’arbre. C’est donc très souvent tout le contraire d’une forêt riche et vivante.

Il y aussi que la filière bois-énergie à été particulièrement encouragée par de multiples campagnes étatiques à travers l’ADEME. Il avait été décidé qu’en raison de ses faibles émissions de CO2 et du fait que c’était « naturel » (ce que le pétrole est tout autant à ce qu’on compte là), il fallait massivement se chauffer au bois…

On était encore une fois allé trop vite, en se reposant par confort sur une industrie bien implantée.

Quand on parle d’écologie, il y a pourtant un important besoin de changement d’orientation du développement. Cela demande littéralement une vision du monde nouvelle qui mette en avant le logement collectif, les centrales thermiques de quartier alimentée par une énergie renouvelable.

Dans les Alpes la puissance des torrents ne manque pas, les moyens doivent être mis dans le développement d’infrastructures hydro-électriques respectueuses des écosystèmes (flux des rivières, vie des poissons…). Ainsi nous pourrions laisser le feu de cheminée au musée et faire de grands progrès concernant la pollution de l’air hivernale.

2 réponses à « Le feu de cheminée, un moyen de chauffage du passé…à dépasser3 min read »

  1. Avant tout : conflit d’intérêt, je me chauffe au granulés de bois.
    et : je n’y connais pas grand chose mais voici mon avis :

    La combustion du bois émet des particules c’est vrai.
    Mais la « technologie » et la science ont considérablement amélioré le principe du foyer primitif pour arriver à des combustions très efficaces type cheminées fermées, poêles ou encore mieux : granulés. Principes qui réduisent fortement l’émission de particules.

    https://external-content.duckduckgo.com/iu/?u=https%3A%2F%2Fwww.les-crises.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2017%2F02%2Fparticules-22.jpg&f=1&nofb=1

    https://www.onf-energie-bois.com/wp-content/uploads/Bois-de-chauffage-et-emissions-de-particules-fines.jpg

    Se passer du chauffage au bois sous prétexte que c’est une technique bonne pour néanderthal c’est oublier qu’on lui doit pas mal de trucs qui servent encore : s’habiller de peaux d’animaux, de tissus, couper avec des outils, manger cuit…

    De plus le bois est plutôt local, contrairement au gaz, fioul. Mêmes les fabricants de chauffage sont majoritairement européens.
    Ajouté à l’isolation de logements qui s’améliore, je trouve qu’on avance dans le bon sens.

    Dans une vallée en bétonisation permanente, avec ce défilé constant de camions, d’utilitaires, d’engins de terrassement, de maisons uniques servant 2 mois/an, de voitures qui montent et descendent sans cesse pour habiter en haut et travailler en bas, pour skier en haut, etc. je trouve ça un peu vache de reprocher à des gens qui ont des forêts, qui ont toujours utilisé le bois, d’être les méchants.

    Si c’est pour cacher la pollution ailleurs (voiture électrique, panneaux photovoltaïques..) je ne vois pas d’amélioration.

    D’autre part l’utilisation de l’hydroélectricité est une excellente idée mais grâce à toutes les attaques contre les services publiques, il est difficile pour une entreprise privée d’investir des moyens colossaux sur des 10aines d’années. Voire le temps que prennent les travaux de la conduite de Passy : pas facile, coûteux donc loin de la politique du court terme que nous vivons depuis des années. De plus je ne suis pas sûr qu’on arrive à subvenir à nos besoins qui sont énormes (voire déjà ce que j’ai consommé en restant devant mon pc pour écrire ce trop long texte).

    Le logement collectif est une bonne idée, reste à créer des logements collectifs que les gens voudraient habiter par choix, pas par dépit. Si un politique ou un groupe d’habitants décidait d’investir massivement dans un immeuble très faible consommation, très bonne isolation phonique, infrastructures collectives de qualité, faible loyer… je pense que nous serions nombreux à remettre en question la maison individuelle.

    1. Bonjour,

      Merci pour votre contribution-remarque.

      Nous rejoignons grandement votre remarque concernant le logement collectif que vous développez à la toute fin.

      C’est pourquoi d’ailleurs nous pensons que nous avons, là aussi, besoin d’un mouvement populaire capable de porter ce besoin d’une vie collective à rebours d’un tas d’habitudes, et surtout afin d’avoir le pouvoir sur les moyens de la production de logements collectifs. Sans cela, tout est illusion.

      Cordialement,

      AAG.

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