Overdose de publicité3 min read


Vie quotidienne / mardi, décembre 29th, 2020

N’y a t-il pas meilleur symbole du capitalisme que la publicité ? Mais au-delà du symbole, c’est un véritable rouage calibré sur mesure pour accompagner la bonne marche de l’accumulation du capital.

Si l’on regarde la journée de tout le monde, on peut se rendre compte du poids gigantesque de la publicité. Cela va de celle sur le smartphone au matin, en passant par celle à la radio et à la TV, jusqu’à celle dans la boite aux lettres.

En fait, dans la vie quotidienne, c’est un moment très précis qui est visé par la pub’ : le temps d’attente. Un temps d’attente de plus en plus imposé de manière artificielle.

C’est le temps de téléchargement d’une vidéo ou d’un article de presse, ou d’un nouveau contenu prévu par l’algorithme du réseau social, mais aussi ce néon qui allume toute la nuit ce magasin de sport au bord d’une grande route, dans l’espoir d’attirer, ne serait-ce qu’une seconde, l’esprit de ce passager prisonnier d’un long voyage.

La pub vient d’ailleurs de conquérir un nouvel espace, la station-essence. Une start-up lyonnaise vend ainsi aux stations-services des supports numériques disposés au-dessus des pompes, visant ainsi plus de 4 millions d’automobilistes lors de ce fameux temps d’attente, très ennuyeux, du plein d’essence.

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Que de parasitage et que d’énergies dilapidées dans du rien… N’est-ce pas d’une absurdité sans nom que de produire et d’installer des écrans diffusant des spots publicitaires, ce degré zéro de l’intelligence humaine ?

En regardant cela, on se dit d’ailleurs que les prêcheurs de la décroissance n’ont rien compris au problème : plus que décroître, il faut surtout démanteler toute un dispositif matériel qui façonne des esprits dans l’inculture, la superficialité, l’égocentrisme.

Il faut s’imaginer ce que représente en termes d’énergies (sociales et naturelles) consommées, la production d’écrans uniquement spécialisés dans la publicité, des kilowatt-heures d’électricité pour un néon nocturne d’enseigne, des tonnes de carton et de scotch de marketing…

La publicité façonne un monde à son image, celle d’une profusion d’objets auréolés de vertus magiques. La publicité, c’est le porte-voix de marchandises qui ne disent mot sur leur origine (souvent délétère au point de vue écologique et social), c’est l’aspirateur quotidien de toute volonté de s’élever intellectuellement.

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Alors il y a bien des formes minimales d’opposition, que l’on pense au « stop pub » sur les boites aux lettres ou à l’extension « ad-bloc » sur ordinateur. Des démarches qui ont plus de valeur qu’on ne le croit d’ailleurs.

Et pourtant… rien n’échappe à l’emprise de la marchandises sur des esprits, qui logiquement deviennent eux-mêmes des marchandises consommables, jetables, surfant sur la superficialité et le mensonge.

Pour vraiment en finir avec la publicité, il faut en finir avec le capitalisme. Et pour en finir avec le capitalisme, il faut refuser cet état d’esprit d’acheter pour acheter, cette disposition mentale née dans le truchement d’une société qui comble l’ennui par la consommation.

Une réponse à « Overdose de publicité3 min read »

  1. Oui, c’est infernal ce mini-ecran au-dessus de la pompe ! C’est usant même. Et dans un même ordre d’idée, l’ecran qui se met en route dans un rayon de magasin quand vous passez, pour vanter un quelconque produit de nettoyage ou bricolage… Pollution sonore pernicieuse et insidieuse.
    De là a dire qu’on veut nous empêcher de reflechir lorsqu’on fait les courses…Non, c’est vrai ?

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