Pollution de l’air : des taux trois fois plus élevés de cadmium dans l’organisme en vallée de l’Arve3 min read


Ecologie / vendredi, décembre 11th, 2020

Un nouvelle étude toxicologique réalisée par le collectif « Coll’Air Pur Santé » révèle un taux très élevé d’un métal lourd, le cadmium, dans l’organisme des habitants de la vallée de l’Arve. Des résultats qui attestent de la « contribution » spécifique des industries au cocktail polluant local.

Avec le laboratoire toxSeek, le collectif a prélevé les cheveux de 76 enfants, ainsi que de 6 adultes, afin d’en connaitre un peu plus sur les effets de l’exposition chronique aux métaux lourds. Comme le souligne le laboratoire, l’avantage étant que la croissance des cheveux se nourrit des protéines contenues dans le sang, contenant aussi les polluants pendant plus de trois mois.

Ces 82 prélèvements ont ensuite été soumis à un analyse toxicologique comparée à un groupe témoin de 988 personnes en France. Résultat : la population cible de la vallée de l’Arve présente un taux en cadmium trois fois supérieur à celui de la population comparée.

Si d’autres éléments chimiques ont été découverts comme le plomb, le mercure ou encore des métaux rares, ceux-ci ne sont pas à des niveaux supérieurs que ceux comparés avec la population témoin.

C’est donc bien le « cadmium » qui pose un problème spécifique dans la vallée de l’Arve. Avec le Chrome, le Plomb, le Zinc, le Nickel et l’Arsenic, le cadmium fait partie des six principaux métaux lourds surveillés en par l’organisme ATMO Auvergne Rhône-Alpes.

Le cadmium est utilisé comme une matière première par plusieurs industries locales.

Par exemple, SGL Carbon (ex Péchiney) fournit via sa production par bacs d’électrolyses, l’absurde industrie nucléaire européenne en barres graphites, mais aussi les éléments des batteries électriques lithium-ion, des panneaux solaires, et des lumières LED.

Le cadmium c’est aussi une des matières premières de l’industrie décolletage, notamment par l’usine de traitement de surface liée au décolletage « Hacer » à Cluses. L’usine, classée ICPE, est elle-même directement surveillée pour ses rejets en cadmium. Notons enfin que l’incinération de certains déchets est émetteur de ce métal cancérogène.

On voit ici toute la gabegie de la « transition verte » fondée sur le véhicule électrique, la fission nucléaire récemment mise en avant par Emmanuel Macron. Non pas qu’il faille la « décroissance », mais le pouvoir populaire sur les moyens de production afin d’orienter les choses de manière démocratique, donc écologique.

>> voir aussi : Ouvriers des usines Péchiney et substances toxiques dans les années 1970

Car un tel niveau de cadmium dans la population analysée montre combien sont illusoires les « auto-contrôles » effectués par les usines classées au régime des ICPE (industrie classée protection de l’environnement). C’est le cas des usines SGL Carbon, des incinérateurs de Passy et Marignier et d’ Hacer Traitement de surfaces à Cluses.

Et ce qui est le plus inquiétant c’est que ce métal lourd trouve dans les particules fines issues des feux de cheminée et du trafic routier les meilleurs alliés pour s’agréger et rester en suspension dans l’air lors des pics de pollution hivernaux…

C’est donc bien en amont des épisodes d’inversion des températures propices aux pics de pollution que les usines classées ICPE devraient suspendre leurs activités, une close réglementaire du second PPA 2019-2023.

Mais pour cela, il faut la combinaison d’une information divulguée le plus largement – et non pas simplement par un tweet préfectoral et des articles de presse – et d’une mobilisation populaire, seule à même de faire appliquer la réglementation contraignante pour les industriels.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.