Trois attitudes envers la pollution qui détournent de l’engagement3 min read


Ecologie / mardi, décembre 22nd, 2020

Dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 décembre des panneaux « ville irrespirable » ont été installés par la collectif ANV-COP21 vallée de l’Arve à la manière des panneaux « ville fleurie » à l’entrée de plusieurs communes de la vallée.

Cette action relève encore une fois d’une volonté d’interpeller les pouvoirs publics, comme cela est régulièrement fait par d’autres associations locale de protection de l’atmosphère. Si cela peut sembler un peu vain, cela a au moins le mérite de faire parler sur les réseaux sociaux.

Quand on met les gens face à la réalité de la pollution, il y a trois attitudes principales :

1) La simplification

Une grande partie est consciente que la pollution existe et que c’est un problème. Mais trop peu de gens choisissent d’approfondir leurs connaissances sur un sujet qui leur semble complexe et vertigineux.

Se limiter à une connaissance en surface du problème débouche naturellement sur le fait de se focaliser sur une seule source de pollution, en se basant souvent sur l’expérience subjective, les sensations immédiates. Cela vaut ce que ça vaut, mais c’est forcément insuffisant, partiel.

Dans cette posture, on retrouve la mise en accusation des industries, comme Hacer à Cluses, l’incinérateur et SGL Carbon à Passy… Ces industries sont en effet classées selon un statut réglementaire pour cause de pollution de l’air.

Ensuite vient la circulation routière. Cela comprend le trafic des poids lourds mais aussi des gens qui n’éteignent pas leur moteur à l’arrêt. La circulation routière est effectivement source de dioxydes d’azote, et de particules fines.

Mais ce qui est très clair, c’est que parmi les personnes qui constatent la pollution avec un minimum de lucidité, il y a un déni ou un relativisme à propos de la contribution des feux de cheminée à la pollution hivernale, pourtant majeure.

>> voir aussi : Pollution de l’air : toujours des particules fines ?

2) La « fuite »

La seconde attitude vise à fuir le problème soit psychologiquement, en refusant d’en entendre parler, en n’y croyant pas, soit physiquement en déménageant.

En effet, beaucoup de gens quittent la région ou projettent de le faire, ou bien cherchent à habiter plus haut.

Pour eux, il ne semble y avoir aucun espoir d’améliorer les choses. Sans réelle confiance dans les institutions pour changer rapidement la situation, et en l’absence de luttes portées par les bases populaires, on ne peut pas leur jeter la pierre.

>> voir aussi : ici c’est la vallée de la mort : les rapports analytika sur la pollution de l’air

3) La capitulation

La troisième attitude est celle du fatalisme et du pragmatisme. On la constate principalement sur le sujet de la pollution liée aux industries. C’est celle de dire que comme les industries donnent de l’emploi, c’est un mal pour un bien… Et puis tant pis pour le reste…

Il y a ici un manque total d’horizon politique et culturel, comme si une société où l’on peut travailler et être en bonne santé est impossible. Cela révèle l’absence d’implication, pour sa propre vie et celle de ses enfants.

Ces trois attitudes ont pour point commun d’éviter de se compromettre, de remettre en question tout le mode de vie engendré par la société actuelle.

On va chercher un coupable unique, le plus lointain de préférence. On s’en remet entièrement aux institutions pour remédier au problème, sans chercher à s’investir collectivement et de manière autonome.

Tout cela n’est évidemment pas à la hauteur de la situation car la pollution de l’air forme ici un aspect, hélas parmi tant d’autres, de la dégradations des conditions de vie.

Lorsque les conditions de vie se dégradent, la seule solution est de s’organiser collectivement pour comprendre en profondeur les choses, et être en mesure de correctement détruire ce qui nous détruit.

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