CREA Mont-Blanc : « la nature déboussolée »


Ecologie / vendredi, janvier 8th, 2021

Organisation non-gouvernementale scientifique fondée en 1996 et basée à Chamonix, le Centre de Recherches sur les Ecosystèmes d’Altitude (CREA) mobilise un large panel de scientifiques dans le but de comprendre l’impact du changement climatique sur la faune et la flore alpine.

Grâce à ses programme d’étude Phénoclim (2004), Phénopiaf (2006) et PhénoAlp (2009), le CREA a accumulé suffisamment de données pour démontrer les effets contradictoires du réchauffement climatique (+ 2°c en moyenne dans les Alpes) sur la faune et la flore alpine.

Le grand mérite du Centre est de décrire comment des espèces vivantes qui ont normalement une grande faculté d’évolution-adaptation dans cet environnement « hostile » sont heurtées par des changements trop rapides.

En effet, la vitesse du changement climatique est telle que leur temps d’adaptation ne suit pas toujours. Il y a alors une rupture entre l’environnement et la vie elle-même, avec une dérégulation des chaines de dépendance entre telle ou telle plante, tels ou tels animaux, tel plante et tel animal, etc. C’est ce que les scientifiques nomment des « désynchronisations entre espèces ».

On sait aussi que c’est le printemps qui est la saison la plus bouleversée par le changement climatique, saison ô combien importante puisqu’elle signifie pour la nature la sortie de son repos, se traduisant par une remise en activité des animaux, l’éclosion des plantes et donc des graines, un régime d’écoulement précis des eaux avec la fonte des neiges, etc.

Un printemps précoce a par exemple un effet contradictoire sur la grenouille rousse :

Celle-ci est avantagée par un déneigement précoce qui lui permet d’accéder aux mares de reproduction plus tôt, donc d’offrir une saison de croissance plus longue à ses têtards. Mais les sécheresses estivales aboutissent parfois à un assèchement trop précoce des mares : les têtards ne peuvent achever leur développement.

Et la conclusion des scientifiques entre en écho avec notre position de sanctuariser le Mont-Blanc, non pas tant comme un étendard abstrait mais comme une démarche pleine de bon-sens écologique :

Laisser le temps et l’espace aux espèces pour s’adapter (ce qu’elles ont su faire dans le passé), c’est préserver un potentiel évolutif en sauvegardant une forte diversité biologique. Nos activités, nos pratiques peuvent accompagner ou au contraire contrarier les adaptations.

Bref, quiconque a compris le grand bouleversement écologique de notre siècle se doit connaitre, lire, étudier et diffuser autour de soi les précieux documents du CREA !

>> Lire : La nature déboussolée – 10 minutes pour comprendre le changement climatique

Pour suivre le CREA :

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