Les propos de Georges Morand reflètent un mépris de la Nature


Ecologie / mercredi, janvier 20th, 2021

Alors que nous sommes dans une crise sans précédent exprimant la rapport destructeur qu’entretient l’humanité avec le vivant, le maire de Sallanches Georges Morand s’enfonce toujours plus dans le mépris de la Nature.

Dans un article du Messager datant du 15 janvier 2021, nous apprenons que la municipalité de Sallanches a pour projet l’aménagement d’une énième zone artisanale. Cette zone se situe au croisement de la route de Blancheville et de Vorzier, un espace excentré et peuplé de diverses essences d’arbres classé constructible depuis le précédent plan local d’urbanisme.

Face à la critique des membres de l’opposition « Sallanches citoyenne » qui demandent à ce que les zones d’activités déjà existantes soient optimisées, le maire Georges Morand, dans un style typiquement réactionnaire rétorque

« il ne faut pas s’emballer pour 3 sapins, à part les écureuils, cette zone ne sert strictement à rien et à personne. Elle n’apporte de rentabilité à personne. »

Pour la bourgeoisie, et plus particulièrement celle vivant dans les campagnes, la Nature doit au mieux être rentabilisée, exploitée, au pire être déplacée, rabotée, détruite tel un obstacle que l’on fait sauter.

L’existence et les conditions de vie des autres espèces vivantes n’ont aucune once d’importance pour cette classe toujours plus déterminée à étendre les opportunités de marchandisation.

Chaque espace naturel doit servir à accumuler toujours plus de profits, que ce soit en exploitant ce qu’elle nous offre, ou en la détruisant pour implanter des activités économiques humaines.

Pourtant, en Haute-Savoie les arbres perdent leurs épines et roussissent à cause du réchauffement climatique et de la pollution à l’ozone. De même, les forêts abritent l’écureuil roux, espèce endémique du territoire, classée espèce protégée depuis 1978, et qui va bientôt subir la concurrence de son cousin américain, importé en Italie, avec le risque d’une possible pollution génétique.

Dès lors, de tels propos semblent d’un autre âge pour quiconque laisse s’exprimer sa sensibilité en rapport avec les enjeux cruciaux de notre époque.

Les propos, tels que ceux diffusés par Mr Morand, devraient être mis à l’écart de la scène publique. Car ces « quelques sapins » et écureuils qui s’épanouissent dans ce secteur sont à protéger envers et contre tout et même encore plus, ils doivent être mis en avant, valorisés, compris dans leur dynamique.

Il faut justement éduquer la population à la faune et la flore. Enseigner comment vivent et se développent ces êtres vivants avec qui nous partageons tant de choses et avec lesquels nous formons la Biosphère. C’est de notre responsabilité qu’ils puissent vivre dans des conditions dignes.

La vision du monde de la bourgeoisie, qu’incarne ici Georges Morand, est celle qui a mené à la fracture du rapport entre l’Humanité et la Nature. En considérant sans cesse la Nature comme une variable d’ajustement du développement anarchique du capitalisme, les zones sauvages se sont amoindries et ont été remplacées par des zones urbanisées, dans lesquelles humains et animaux s’agglutinent de manière anti-naturelle.

C’est tout cela qui a produit la situation que nous vivons aujourd’hui avec le Covid 19.

Allons-nous encore longtemps laisser la Nature à la merci de cette mentalité mortifère, ou bien allons-nous enfin assumer nos responsabilités afin d’œuvrer à un monde harmonieux et enviable pour toute la vie sur Terre ?

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