Quand la rancœur s’empare des industriels de la neige


Politique / jeudi, janvier 21st, 2021

Malgré toute l’agitation corporatiste des entreprises touristiques liées aux stations de ski, c’est donc la saison blanche qui va marquer l’hiver 2020-2021. Un rancœur énorme s’empare de ce secteur économique.

La fermeture définitive pour la saison des remontées mécaniques va provoquer une crise abyssale pour les vallées et les villages qui se sont développés depuis plusieurs décennies en grande partie sur le tourisme hivernal et le ski.

Face à ce mur, on voit naître une rancœur chez les profiteurs de l’or blanc, qui s’accompagne chez leurs représentants politiques d’un surplus de discours démagogiques et d’une fausse critique populiste, au mépris de la gravité sanitaire.

>> voir aussi : quand le ciel tombe sur la tête des capitalistes de l’or blanc

Ainsi, Yann Jaccaz, le maire de Praz-sur-Arly, cette station-village juste après Megève, dénonce sans honte « un principe de précaution poussé à l’extrême », un « excès de prudence injustifié ».

Le président du Conseil départemental de Haute-Savoie Christian Monteil (divers droite), fustige une « mesure uniforme et autoritaire », dénonçant un « Paris qui décide ». Alexandre Maulin, de Domaine Skiable de France, s’indigne d’être « infantilisé de manière permanente » et Dominique Marcel de la Compagnie des Alpes de faire face à un soit-disant « mur d’incompréhension bâti sur des préjugés« …

On croit rêver : faut-il rappeler à ces personnes que l’un des premiers cas de covid-19 en France fut celui importé par un riche vacancier britannique venu passer quelques jours au ski, aux Contamines-Montjoie en février 2020 ? Alors même que tous les épidémiologistes craignent une très grave troisième vague en mars, voir dès février ?

À ce jour, la Haute-Savoie compte tristement 700 morts du Covid-19 pour un total actuel de 71 342 décès en France. Des personnes parties dans l’isolement social, n’ayant bien souvent pas pu voir leurs proches. Comment oublier cela ? La seule chose à dire d’ailleurs est que le gouvernement n’en fait justement pas assez pour endiguer la troisième vague à venir.

Alors à quoi jouent tous ces responsables, si ce n’est à semer le doute sur la gravité de la situation épidémique ? Faut-il rappeler la réalité de l’épidémie dans ce pays, et sa brutalité pour les plus de 213 000 personnes hospitalisées depuis mars ?

Que la clientèle internationale soit présente ou non, cela n’y change rien, les vacances au ski favorisant d’importants flux de population, des regroupements en journée dans des petits villages, le tout dans des conditions climatiques plus que propices à la dispersion des aérosols. En pleine saison touristique, la population de Chamonix est multipliée par six…

La rancœur qui s’empare du secteur touristique est en fait alimentée par un rapport schizophrénique à l’État, demandant d’un côté de nombreuses aides, par ailleurs obtenues (prise en charge des frais de remontées mécaniques, chômage partiel, soutiens financiers, etc.), et de l’autre côté appelant au retrait total de ce même État.

>> voir aussi : L’aménagement des pistes de ski, un écocide de plus

Heureusement, tout le monde ne pense pas comme cette minorité égo-centrée. Ce sont tous ces gens qui ne s’identifient pas à ce monde là, ceux qui savent reconnaître le bénéfice de ce moment de répit pour la vie sauvage et ne cultivent pas de rancœur, tout au contraire…

Quant au chantage à l’emploi, il est odieux pour la seule raison que ces futures dégraissages ne sont là que pour garantir un taux de profit de groupes qui ne vivent qu’à travers des lignes de rentabilité toujours plus élevées.

A ce titre, le salut futur réside dans la capacité politique des bases populaires à récupérer toutes ces richesses pour les utiliser au bénéfice de leur sécurité sociale et d’une remise à plat du mode de vie. Tout cette richesse qui est privatisée chez les propriétaires de Poma, Rossignol, Club Med, Pierre & Vacances, Compagnie des Alpes…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.