Les projets d’ascenseur valléen ou la mainmise des notables sur les transports


Politique / mardi, janvier 26th, 2021

Entre Magland du côté du lieu-dit « Bellegarde » et Saint-Gervais au Fayet, ce sont deux projets d’ascenseur valléen (téléphériques) qui sont prévus à l’horizon 2023-2025. Alors que l’on s’enfonce dans une crise économique d’une ampleur inégalée, les notables continuent de verrouiller toute transformation des transports.

Ce sont des projets qui se chiffrent à au moins 70 millions d’euros et qui nécessitent des attitudes machiavéliques, typiques de la gestion affairiste qui règne depuis des décennies à la montagne.

Car pour avoir les subventions publiques, notamment de la Région, il faut enregistrer ces projets de transport par câbles comme relevant d’un « transport en commun ».

Les porteurs de projets font donc en sorte que les gares de départ se situent non loin d’une gare SNCF, non par souci écologique mais bien pour entrer dans une case administrative ouvrant le droit à des subventions. Un agissement politique assumé par le maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex lors de la réunion publique fin octobre 2020 sur l’ascenseur valléen.

Ces projets reflètent totalement le fait que le pouvoir est entre les mains de notables inféodés aux intérêts du tourisme. Car tout le monde a bien compris que l’objectif est avant tout de servir les domaines skiables.

>> Voir aussi : Municipales : Magland, bétonner, préparer l’arrivée du Funiflaine

A Magland, lors des élections municipales, la liste perdante « Tous unis pour réussir » ne cachait pas sa volonté de déclasser des zones humides afin de les rendre constructibles, avec bien évidemment le Funiflaine en tête. Et comment ne pas penser que l’arrivée d’un hôtel à la Maladière à Cluses n’ait été pensée, au moins en partie avec la future attractivité d’un accès rapide à Flaine ?

Avec de tels projets, on voit bien que la bourgeoisie est dans une fuite en avant. La « saison blanche » 2020-2021 va provoquer une dégringolade sociale et économique en chaine par le non-remboursement des prêts contractés auprès de l’Etat (PGE).

Mais, tout comme avec le Léman Express, les richesses de l’or blanc sont toujours captées par une petite minorité qui maquille ses projets dans un discours pragmatique, parlant de soi-disant « retombées pour le territoire ».

Mais de quelles retombées parlons-nous ? De celles en termes de profits ou de celles en termes d’enrichissement de la vie collective ? Car si l’on prend les besoins populaires quotidiens dans la vallée, s’il manque quelque chose c’est bien un système de transport multimodal, adapté aux flux de population entre Chamonix et Cluses.

De ce point de vue, personne n’est dupe quant au fait que les ascenseurs valléens sont des projets de transport faussement populaires, et véritablement touristiques.

Et les défenseurs d’ascenseurs valléens osent, sans peur du ridicule, dire que ce sont des projets écologiques, en niant bien que cela va entrainer plus de trafic routier en fond de vallée, favoriser l’étalement urbain, provoquer un déboisement, et enfin participer d’une perturbation des couloirs aériens pour certains oiseaux.

>> voir aussi : le Léman express, un projet non démocratique

Pour l’immense majorité des travailleurs, la seule perspective est de changer sa voiture pour rester dans les normes Crit’Air, les notables balayant d’un revers de la main l’idée d’un réseau de transport collectif moderne, jugé comme utopique, irréalisable.

Tout cela montre à quel point il y a un besoin de la Gauche assumant la lutte des classes pour récupérer les richesses du tourisme, et ré-orienter la vie sociale de la vallée. Un besoin qui s’en ressent d’autant plus que l’on entre dans une crise profonde.

Une réponse à « Les projets d’ascenseur valléen ou la mainmise des notables sur les transports »

  1. C’est bizarre mais quand on parle de train on ne pense pas « bétonner », on pense transport en commun. Personne ne critique les lignes sncf qui pourtant ont été construites, ont coupé des liens entre riverains, ont créées des nuisances sonores..

    Je ne vois pas en quoi un transport par câble pourrait être plus nocif qu’un train ou que des 10aines de voitures montant et descendant chaque jour.

    Bien sûr que tous ces investissements (autoroutes, léman express…) sont réalisés pour permettre aux frontaliers d’aller en Suisse, aux Suisses de venir chez eux en France, aux skieurs d’aller skier, aux saisonniers de vivre à Magland et bosser à Flaine…

    Mais on n’investit qu’avec des thunes… et on n’en a pas sans tourisme.

    Et peut-être que notre rôle serait de pousser ces futurs moyens de transport à être de vrais moyens populaires : gratuits, ouverts à des horaires non principalement fixés par le ski, permettant le transport de son animal domestique, de ses courses, de son vélo..

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