L’ARS refuse de donner plus d’informations sur la présence des variants


Vie quotidienne / mardi, février 16th, 2021

Alors que l’épidémie de Covid-19 se maintient à des niveaux de circulation préoccupants, les trois variants ont été détectés en Haute-Savoie sans que l’Agence régionale de santé n’accepte de donner plus d’informations à ce sujet.

Depuis le début officiel de l’épidémie, ce sont 776 personnes qui ont perdu la vie en Haute-Savoie, et les hospitalisations ne parviennent pas à passer sous la barre des 200 hospitalisations depuis le début de la « seconde vague » à fin octobre 2020.

Dans ce contexte sanitaire, la détection en Haute-Savoie des variants plus contagieux « brésiliens », « sud-africains » et « britanniques » n’éclaircie pas les perspectives.

Le Dauphiné Libéré qui rapporte cette information, ajoute que l’ARS n’a semble t-il pas souhaité confirmer où avaient été détectés les cas de contaminations aux différents variants et dans quelles circonstances.

Selon le Dauphiné Libéré, ces contaminations auraient été détectées à Cluses, sans que l’ARS ne confirme ou infirme, la porte-parole de l’ARS déclarant :

Les équipes ont autre chose à faire en ce moment que de faire remonter les circonstances de contamination de chaque cas

C’est bien là pourtant une information d’importance puisque la Haute-Savoie est l’un des uniques départements français à connaître les trois variants sur son sol. Comment lutter efficacement contre la circulation de virus, a fortiori des variants plus contagieux sans en étudier les dynamiques de circulation ?

Et à la question de savoir si ces contaminations visiblement détectés à Cluses serait liée aux déplacements de travailleurs frontaliers, le variant anglais étant dominant à Genève, la porte-parole répond :

Je comprends qu’il peut y avoir une attente de certains lecteurs, mais on estime qu’en termes d’informations de santé publique et de respect des personnes concernées, on peut s’en tenir là

Plus d’un an après la découverte du premier cluster Covid-19 aux Contamines-Montjoie, voilà où nous en sommes : l’épidémie continue de se maintenir à des taux élevés de circulation sans que l’on ait jamais eu une véritable mobilisation collective.

Car on se doute bien que l’ARS surveille en fait de près la circulation du virus et de ses formes mutantes, mais il est clair que la stratégie n’est pas, et cela n’a d’ailleurs jamais été le cas, de mobiliser activement les gens.

Il y a là une expression d’une gestion par en haut, non démocratique, anti-populaire. La stratégie « tester-alerter-protéger », soit individu par individu, est une approche libérale qui écarte toute prise en charge collective. Au passage, cela n’aide pas à contrer les critiques irrationnelles et paranoïaques sur la pandémie actuelle.

Le but est clair : il faut éviter le moindre grippage de secteurs économiques stratégiques encore en marche, les travailleurs frontaliers ayant été écartés de l’obligation de se faire tester comme c’est les cas pour les autres voyageurs entrant en France.

>> voir aussi : Vallorcine : un cluster covid-19 qui révèle la défaillance à tous les niveaux

Toutefois, il semblerait que le problème soit la collectivité elle-même. On dirait bien que c’est toute la société qui est passée de la lassitude au fatalisme, les annonces des nouveaux chiffres formant dorénavant un « arrière-plan » habituel, presque banal, de la vie quotidienne.

Dans un tel contexte d’atomisation sociale, d’individualisme et de passivité, l’État fait face à ses propres contradictions, gérant une situation épidémiologique qui a déjà emporté plus de 82 000 personnes dans des conditions sociales difficiles.

Cela montre que nous avons besoin d’un nouvel État capable d’entraîner la population dans un effort prolongé et collectif pour le compte justement de la collectivité, d’un État qui soit en mesure de répondre aux besoins populaires en ayant les capacités réelles d’une mobilisation démocratique.

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