Fast-food : refuser la corruption


Vie quotidienne / mercredi, février 3rd, 2021

L’annonce est maintenant connue de toutes et tous, l’enseigne de fast-food « Burger King » va ouvrir à Cluses. Présentée par les autorités municipales comme une réussite, c’est en fait une énième proposition de nourriture infâme, fondée sur les résidus de la destruction des animaux.

Toute la question est alors de savoir quel niveau de corruption on tolère soi-même ? Car c’est bien de la corruption qu’il s’agit ici. Qui ne sait pas les dégâts écologiques et sanitaires qu’engendrent le fast food ?

Et pourtant, l’odeur et le marketing qui entourent les « menus » de ces « restaurants » nous attirent, nous enivrent… On sait toutes les conséquences néfastes… et puis on cède devant la difficulté de tenir sa position. La morale est corrompue. Comme dans toute forme de corruption, il y aura toujours une personne pour relativiser, et nous conforter dans notre « choix ».

A quoi bon refuser le fast food lorsqu’on sait que c’est tout un système, tout un mode de vie général qui nous mène à la perte ? A quoi bon puisque tout le monde accepte ?

Derrière cette critique, pas forcément injustifiée, il y a quand même l’idée qu’on ne pourrait pas s’engager soi-même, que finalement c’est la fatalité qui prime face à l’appel de la consommation individualiste.

Mais justement, il faut bien commencer par quelque chose, et s’il y a une porte d’entrée à saisir c’est bien celle de refuser le fast food, ce symbole de la facilité, de l’individualisme et de la mal-bouffe, ce suicide imposé par le capitalisme… Non pas qu’on veuille revenir au terroir, mais qu’on se doit de porter l’exigence du raffinement gastronomique pour tous !

Il est vrai que le refus est quelque chose de purement négatif, et il ne faut pas en rester à là si l’on veut construire une société meilleure. Mais cela a le mérite de porter une dignité : oser dire non, au nom d’un principe moral. Et les principes, la morale, n’est-ce pas ce qui est englouti au quotidien par la société actuelle ?

Alors oui, ne pas consommer dans un fast-food ce n’est pas ce qui va changer le monde. Mais continuer à y aller en sachant très bien l’arrière-plan, en faisant comme on dit « l’autruche », cela n’aide encore moins à faire avancer les choses dans le bon sens.

Dire « non » c’est garder intact sa morale, c’est rester authentique, c’est ouvrir une brèche alternative face à un monde de consommation qui nous corrompt.

Comme l’exprimait en 1988 le morceau « No More » par le groupe de punk hardcore américain Youth Today :

Quelle société égoïste et endurcie à ce point
Plus jamais
Je ne fais attention qu’à moi
Lorsque le prix à payer est la vie d’une autre personne,
Plus jamais (no more !)
Je ne participerai

Le style est « rentre-dedans » car on est là dans les années 1990, ces années du capitalisme triomphant, alors présentées comme la « fin de l’Histoire ». Toujours est-il que le fond de la démarche reste juste, à suivre : il faut refuser la culture de la mal-bouffe.

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