Le laisser-aller de l’Etat face au pic de pollution


Ecologie / vendredi, février 26th, 2021

Depuis quelques jours, la vallée de l’Arve subit un pic de pollution aux particules fines, principalement causé par des poussières de sable issues du Sahara. Devant cette situation dégradée, les préconisations sanitaires de la part des autorités sont dérisoires…

Depuis le 8 novembre 2020, la vallée a enregistré une dizaine d’alertes pollution aux particules, du niveau du seuil d’information (vigilance orange).

Au regard des années précédentes, c’est un taux ainsi que des niveaux d’alerte relativement faibles : l’hiver neigeux a probablement « reporté » les polluants de l’atmosphère vers les sols et les eaux.

L’alerte pollution est actuellement en vigilance rouge, avec un taux de concentration de particules supérieur à 80 µg/m3… Ces particules, ce sont des poussières de grains de sable du Sahara décollés par des violentes dépressions jusqu’à très haut en altitude.

Ces concentrations de poussières, mauvaises pour la santé puisqu’elles obstruent les parties supérieures de l’appareil respiratoire, contribuent ensuite à emprisonner les autres émissions polluantes issues des sources d’activités humaines, bien plus nocives de part leurs propriétés.

>> Voir aussi : La nocivité de la pollution est moins une question de quantité que de nature des particules

Dans ce contexte, on est en droit d’attendre une action énergique et courageuse de la part de l’Etat, c’est-à-dire de l’ensemble des pouvoirs publics.

Cela d’autant plus que l’on sait que la pollution de l’air est un facteur de risque supplémentaire dans le développement des formes graves du covid-19, de même qu’elle en accélère la circulation aérienne.

Alors, il y a bien le dispositif d’activation préfectorale au moment de pic de pollution qui implique notamment la baisse de la vitesse sur l’autoroute, la réduction des activités de BTP émettrices de poussières, la limitation du chauffage des logements à 18°c, l’interdiction des feux de bois d’appoint et de l’écobuage, le report des opérations industrielles « émettrices de polluants »…

Si de telles choses étaient appliquées, il est bien évident que la situation irait déjà un peu mieux, du moins pour le temps de calmer l’intensité du pic. Mais pour cela, il faut des relais concrets, des moyens et une volonté à la fois pour informer largement la population, et réprimer les mauvais comportements.

Or, en dehors du communiqué du site de la préfecture, que trouve t-on ? Pas grand chose. Par exemple, que trouvons-nous sur les sites municipaux ? Rien ou presque rien.

Sur le site de Sallanches et de Passy, on a une simple fenêtre qui donne la qualité de l’air. A Chamonix et à Scionzier, l’onglet « qualité de l’air » renvoie au site de l’association de surveillance de la qualité de l’air ATMO qui lui-même renvoie au site de la préfecture, qui lui même….etc, etc.

Ce laxisme des autorités ne rencontre d’ailleurs que peu de rappel à l’ordre populaire, les gens détournant globalement le regard du problème. Il est vrai que le problème pose une tâche immense, celle de transformer un mode de vie individualiste et consommateur en un mode vie collectif et écologique.

Mais, ce n’est surement pas en continuant à faire chauffer du bois alors que l’on vit des températures anormalement chaudes (20 °c en février !), ce n’est certainement pas en maintenant des émissions industrielles polluantes au prétexte de la crise économique, que l’on va aller dans le bon sens.

Pour aller dans le bon sens, il faut un élan venu d’en bas, une mobilisation populaire capable de se saisir véritablement des enjeux pour mieux impulser un rapport de force en mesure d’appliquer les mesures qui devraient déjà, au minimum, l’être.

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