La mise sous perfusion des stations de ski annonce une restructuration d’ampleur3 min read


Vie quotidienne / vendredi, février 5th, 2021

Avec l’annonce sans grande surprise du maintien de la fermeture des remontées mécaniques, la saison blanche est définitivement confirmée. Le plan d’aide de plusieurs milliards d’euros vient en aide aux capitalistes du secteur, avec l’idée d’une relance par l’investissement pilotée par les plus grosses entreprises.

Les stations de ski représentent une manne colossale pour les régions de montagne qui baignent dans la facilité touristique depuis plusieurs décennies.

Si la fermeture des remontées mécaniques s’accompagne alors d’une chute historique des recettes fiscales, elle offre aussi un espace de respiration pour la vie sauvage…

Mais pour l’Etat, il faut à tout prix relancer la machine de l’économie touristique avec un plan de relance spécialement dédié à la Montagne. En tout, et si la fermeture perdure jusqu’en avril, le budget total du plan de relance se chiffrerait à hauteur de 4 à 7 milliards d’euros.

Si un tiers de ce budget est donc à prévu pour des PGE (prêts garantis par l’Etat) dans le cadre de mesures d’aide aux trésoreries, ne faisant que reculer l’échéance des défaillances, un volet financier est aussi prévu pour assurer la continuité des investissements.

Ce plan d’investissement doit être précisé au printemps 2021, mais on sait d’ores et déjà qu’il sera piloté par l’association nationale de la cohésion territoriale (ANCT).

Cela signifie que si l’Etat va accompagner les entreprises, il va surtout être le point d’appui pour la relance des plus grosses entreprises, comme par exemple Pierre & Vacances et le Club Med pour l’hébergement, la Compagnie des Alpes pour la gestion des remontées mécaniques, POMA pour les infrastructures…

Dans ce cadre, la transition écologique va surtout être le prétexte à une conquête de Montagne sur les quatre saisons, avec l’idée d’accentuer la « compétitivité » face à l’Autriche, la Suisse et les Etats-Unis.

Déjà que les investissements dans les stations françaises étaient en recul par rapport à ces derniers, le fait que les stations du Colorado, de Suisse et d’Autriche n’aient pas fermé cet hiver va accentuer la fuite en avant, dopée par la concurrence d’autant plus forte qu’il y a l’arrière-plan climatique.

>> : voir aussi : la fuite en avant des stations de sport d’hiver

Cette fuite en avant va passer par le tourisme multi-saisons, avec mise en avant du VTT, la modernisation des remontées mécaniques, les canons à neige, l’accélération des projets de transport par câbles (ascenseurs valléens), et la mise en place de projets immobiliers pour attirer des résidents fixes.

Cette restructuration ne change rien à rien au problème de la sur-fréquentation des écosystème alpins, et sans résistance populaire, ce sont les travailleurs qui en feront les frais du fait des économies recherchées, et de l’intensification du travail que cela va impliquer.

La grande restructuration de l’économie touristique qui s’annonce appelle à la formation des foyers de résistance populaire, tant pour défendre les travailleurs que pour protéger la nature.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.