Cluses : Carrefour impose sa loi au détriment de la collectivité


Vie quotidienne / mardi, mars 16th, 2021

Nous appelons souvent à plus de démocratie pour faire triompher les besoins populaires. L’évolution urbaine chaotique est l’expression de cette absence de démocratie dans la physionomie des quartiers, et le cas de Carrefour à Cluses en est une bonne illustration.

Depuis quelques semaines, les habitants de Cluses sont interpellés par la démolition d’une série de maisons le long de l’avenue Jacques Arnaud, derrière le supermarché Carrefour, ainsi que sur un bout de la rue Nicolas Girod.

Au moins la moitié de ces maisons appartenaient au PDG du groupe Provencia, Mr Rosnoblet, depuis des années et étaient laissées à l’abandon. Les propriétaires des autres ont été expropriés au cours de l’année 2019.

Voilà une première chose anti-démocratique : trois à cinq maisons parfaitement saines, longtemps laissées vides alors que des gens en sont rendus à dormir dans des voitures ou en camping en hiver à Cluses.

C’est que lorsqu’on est la 316ème fortune de France en 2020, avec 280 millions d’euros à son actif, que représentent quelques demeures si ce n’est un potentiel espace d’agrandissement pour assurer ses profits ?

La vie des gens ? Le cadre de vie collectif ? Peu importe, tout est façonné et façonnable pour une enseigne de la grande distribution.

En effet, alors que la mairie de Cluses est lancée dans une rénovation urbaine du quartier des Ewues, toutes les attentions étaient concentrées sur ce pôle central de la vie de ce quartier qu’est le magasin Carrefour.

Un espace déjà terni par l’immonde parking de trois étages, bouchant toute vue sur l’horizon, et l’état morose et délabré de l’enseigne commerciale elle-même…

Toutefois, il y a une grande attente pour garder ce point de ravitaillement de proximité nécessaire aux habitants du quartier, et notamment aux personnes à mobilité réduite, tout en aspirant à un accès à plus de nature. Par exemple en diminuant son emprise foncière, réduisant son parking au profit d’un parc.

C’est en fait tout l’inverse qui se produit, les maisons détruites allant faire la place à plus de places de parking, avec l’ajout d’un drive.

Dans le contexte du covid-19, où l’atomisation sociale est accentuée, Carrefour cherche à se positionner face aux concurrents tels Super U ou Intermarché. Le capitalisme façonne le monde à son image : individualisme et bétonisation.

Toute ces manœuvres interviennent alors même que le projet de déplacement de Carrefour à Scionzier n’est pas enterré et fait l’objet d’une relance du dossier auprès de la Commission nationale d’aménagement commercial (CNAC).

Comment peut-on ensuite parler de démocratie lorsque le droit de propriété d’une minorité fortunée peut s’approprier de tels espaces de vie ? Pour établir une véritable Démocratie répondant aux besoins populaires, il faut en finir avec cette mainmise unilatérale des grandes entreprises sur le développement social.

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