Dans les Alpes, l’enneigement ne fait que reculer


Ecologie / samedi, mars 20th, 2021

La mesure des taux d’enneigement est réalisé depuis la fin du XVIIIe siècle. Depuis plusieurs décennies des moyens techniques, comme les satellites et les capteurs automatiques, permettent de mieux évaluer tout à la fois l’épaisseur, le niveau des chutes et la durée de la couverture d’enneigement dans les Alpes.

Ce 18 mars 2021, près d’une quarantaine de chercheurs ont publié une étude dans la revue spécialisée « The Cryosphere » à propos de l’observation des tendances de l’épaisseur de la neige dans les Alpes européennes entre 1971 à 2019.

L’étude se base sur la compilation de données réunies dans une base commune, rassemblant des relevés météorologiques de six pays comprenant 2 000 stations, dont 800 ont été retenues pour l’évaluation par modélisation.

Les chercheurs ont ainsi évalué plusieurs critères d’évolution du manteau neigeux : son épaisseur, l’étendue ainsi que la durée de sa couverture, le niveau de chute de neige ainsi que l’équivalent eau/neige.

Malgré des irrégularités dans le relevé des données, l’étude a pu réaliser une synthèse relativement homogène sur la période 1971-2019 en se basant sur la période allant de novembre à mai. Cela permet de dépasser les variations d’enneigement d’une saison à l’autre, pour voir la tendance de fond.

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Et il est confirmé que la baisse du niveau d’enneigement concerne essentiellement les zones de basse et de moyenne altitude (moins de 2000 mètres d’altitude).

En dessous de 1000 mètres, et pour le seul mois de décembre, l’épaisseur de neige a reculé entre 0,7 cm à 0,8 cm par décennie. En janvier, cela varie entre 0,5 cm et 1,6 cm par décennie selon les régions alpines. Plus on se approche du printemps, plus le recul est grand, ce qui est logique du fait de l’effet albédo. Par-exemple, en mars, le recul est entre – 3,8 à – 7cm par décennie.

Quant à la durée de la couverture neigeuse, elle recule d’environ 4,5 jours par décennie au-dessous de 1000 mètres, et de – 5,3 jours pour les stations entre 1000 et 2000 mètres.

Les chercheurs tiennent également à rappeler que leur discussion se tient sur une échelle alpine, et non sur une étude précise et localisée. Si l’on affine les données sur une région précise, comme la Suisse par-exemple, le recul est bien plus grand.

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Bien que l’étude n’ait pas cherché à évaluer les causes de cette baisse de l’enneigement, cela demandant d’autres études, les chercheurs jugent plus que probable qu’il y ait là une expression spécifique du réchauffement climatique. Cela confirmerait plusieurs études ayant montrées que

La couverture de neige dépend de la température et des précipitations, le changement climatique en cours dans les Alpes et en particulier la hausse des températures et l’évolution des régimes de précipitations affectent l’abondance de la neige

En clair, il y aurait moins de précipitations, des précipitations pluvieuses plutôt que neigeuses, et la hausse des températures (+ 2°c en moyenne dans les Alpes) ferait fondre plus vite le manteau neigeux.

C’est là la confirmation de l’emballement climatique dans le contexte particulier des écosystèmes alpins.

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