Féminisme : l’envers du décors de l’idéal pavillonnaire


Politique, Vie quotidienne / lundi, mars 8th, 2021

Le 8 mars, c’est la journée internationale des femmes. Liée historiquement au mouvement socialiste, cette journée pense l’émancipation de la femme dans sa capacité à s’investir dans la construction d’une nouvelle société, capacité politique mise à mal par la solitude pavillonnaire.

Passés un certain âge, les couples ressentent un besoin de stabilité et de confort qui, dans la société actuelle, passe souvent par la construction d’une maison. Au départ vu comme un rêve, un idéal même, cela peut vite se transformer en un enfermement, vécu plus difficilement si l’on est une femme.

Pour les femmes, ce qui compte avant toute chose, c’est le bien-être de la collectivité. De part leurs expériences, et du fait de leur place privilégiée dans la vie, les femmes ont un besoin immense de se tourner vers autrui, comme on le voit dans les métiers de la santé, la protection animale, etc.

Mais au moment de réaliser le rêve pavillonnaire, l’homme se trouve très présent tant qu’il y a des travaux manuels à effectuer, avant de passer le relais sur la longue durée à sa femme qui va « tenir la maison ».

De plus, l’accès au pavillon se fait le plus souvent à crédit, avec un dilemme pour les femmes : faut-il diminuer, voir arrêter son activité professionnelle, pour s’occuper de la maison, des enfants, des animaux de compagnie, ou bien faut-il continuer à travailler pour rembourser plus vite le crédit ?

Pour les hommes, cette question ne se pose pas, mais cela n’est pas non plus l’idéal pour eux, avec l’acceptation des heures supplémentaires, un travail mieux payé mais plus loin du domicile, etc. Cela aboutit à tendre la relation amoureuse, à dissoudre les sentiments dans la monotonie.

Dans le quotidien, les femmes s’investissent dans la décoration intérieure, la mise en place des meubles, l’agencement de la cuisine équipée sur mesure. Puis c’est l’entretien général, l’organisation de la vie de famille, des repas…

Le souci, c’est que cette sensibilité, ces valeurs altruistes et ce souci du détail qu’elles incarnent, sont mises au service d’une vie bornée à l’horizon domestique. L’intérêt pour les enjeux politiques, au sens de la vie publique, est écarté au profit d’une vie privée qui asphyxie toute implication générale.

Ce serait pourtant une grande force qu’elles contribuent et orientent l’émancipation collective. Par exemple, pourquoi n’y a t-il pas des collectifs de femmes contre la mal-bouffe et les produits ultra-transformés ?

Dans la vie pavillonnaire, au lieu d’être le vecteur pour changer la vie, le caractère des femmes se retrouve emprisonné dans des choses superficielles et consuméristes, sur fond d’une vie atomisée, individualisée…

On a ainsi le développement d’un mode de vie à l’américaine, à la manière de la femme au foyer désespérée, bien connue avec la série américaine du même nom Desperate Housewives.

En ce 8 mars 2021, il est fondamental que les femmes se saisissent du féminisme, de ce féminisme qui revendique la collectivisation de la vie, seul à même de garantir leur implication dans l’élaboration d’une nouvelle société démocratique et populaire.

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