Qualité de l’air : les recommandations limitées du bilan 2020 d’ATMO


Ecologie / vendredi, mars 5th, 2021

L’association ATMO agréée par le Ministère de la Transition écologique pour la surveillance et l’information de la qualité de l’air en Auvergne Rhône-Alpes vient de publier son bilan pour l’année 2020.

Un bilan intéressant et en soi précieux, mais qui s’accompagne de recommandations qui illustrent une vision du monde coupée d’une perspective démocratique d’ensemble.

Avec la crise sanitaire du Covid-19, l’année 2020 a donné des conditions réelles pour juger des effets des différentes sources d’activités humaines sur la pollution atmosphérique.

Dans ce bilan, ATMO insiste surtout sur deux polluants que sont les particules fines (poussières) égales ou inférieures à 2,5 micromètres, et les oxydes d’azote qui sont des gaz irritants issus de la combustion d’énergie fossile, et principalement de la circulation routière.

Logiquement, les rejets d’oxyde d’azote issus du trafic routier ont massivement diminué lors du premier confinement, avec une baisse de 50 %. Le second semi-confinement n’a pas eu d’influence véritable, même si la baisse de concentration de ce polluant est évalué à – 20 % sur la période janvier-novembre.

Pour les particules fines, il est rappelé que l’hiver 2019/2020 qui a été le plus chaud depuis 1900 selon météo France, avec des températures record de 3°c au-dessus des normales saisonnières, a contribué à diminuer l’utilisation du chauffage au bois, principale contribution aux particules fines dans la région.

Toutefois, on a pu observé un pic de particules fines à la fin du mois de mars 2020 en partie due à une épisode de sables du Sahara, mais aussi à une hausse momentanée des feux de cheminée de part un refroidissement temporaire.

Pour l’association de surveillance de la qualité de l’air, ce bilan 2020 montre que :

Dans les années à venir, les secteurs résidentiels et du transport sont ceux sur lesquels il reste la plus grande capacité d’action pour accélérer la réduction des émissions de particules et d’oxydes d’azote.

Mais une fois lu cela, on a droit à la promotion du véhicule électrique tout en ayant la mention des transports en commun qu’au prisme du remboursement de l’abonnement des salariés par leurs entreprises.

Cela ne tient pas compte du besoin populaire, vital même, d’une véritable politique des transports en commun presque inexistants dans les campagnes, et notamment dans la vallée de l’Arve.

Et comment peut-on promouvoir rationnellement le véhicule électrique ? Les membres ATMO savent bien que ce type de voiture est bien peu écologique.

Que cela soit au niveau de la production directe et indirecte du véhicule, ou lors de son usage lui-même. Car que les rejets d’oxydes d’azote disparaissent avec la fin du moteur thermique est une chose, mais cela n’est pas le cas des particules fines, voir ultra-fines (moins de 1 micron).

Il apparaît qu’un tiers des émissions de particules d’une voiture thermique provient de l’usure des pneus, de la chaussée et des freins, ce qui ne tient donc pas compte de la particularité des véhicules électriques, notamment de leur poids plus important faisant craindre un plus grand rejet…

De la même manière que sur le chauffage au bois, il est recommandé aux collectivités de maintenir l’aide au renouvellement des foyers « non performants », avec dans le même temps la mise en avant de « bonnes pratiques » individuelles comme bien choisir son bois, nettoyer sa cheminée, etc.

Finalement, on a là des recommandations fondées sur des raisonnements partiels, pariant sur le seul changement individuel, et écartant un changement de la société sur une base démocratique et populaire. Et pourtant c’est bien cela qu’il nous faut…

On peut réfléchir dans tous les sens, mais si l’on veut que la qualité de l’air s’améliore durablement, il faut transformer notre mode de vie. On a besoin de logements collectifs chauffés par des systèmes collectifs soutenables, on a besoin de transport en commun efficaces, bref on a besoin d’une vie riche et collective.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.