Pays du Mont-Blanc : au-delà de la polémique, quels transports en commun ?


Politique / vendredi, mars 26th, 2021

Ce mercredi 24 mars a eu lieu un conseil communautaire du pays du Mont-Blanc marqué par une polémique sur l’absence à l’ordre du jour de la question du transfert ou non de la compétence « transport » de la Région à la communauté de communes.

Mais au-delà de cette polémique, par ailleurs assez formelle, quelle est la perspective de fond quant aux transports en commun dans le pays du Mont-Blanc ?

En partenariat avec le cabinet d’expertise SYSTRA, filiale de la SNCF, il a été bâti un « schéma directeur de mobilité » autour d’une consultation individuelle des représentants des dix mairies qui ont tous accepté les perspectives proposées.

On trouve quelques améliorations à la marge des lignes de bus LIHSA, le plus souvent renforcées pour les saisons touristiques, le réajustement du Montenbus, un service de transport à la demande fort peu pratique, et des ski-bus, tournés donc vers les stations de ski. A cela s’ajoutent quelques arceaux pour garer son vélo, et des solutions d’auto-partage et d’auto-stop…

Pense t-on sincèrement que c’est comme cela qu’on se libérera de l’enchainement à cette voiture qui nous isole et qui pollue ?

>> Voir aussi : Qu’est-ce-que la civilisation de la voiture

Il va de soi qu’il faudrait combiner à l’intérieur d’un réseau intégré et organique, le train, pensé comme un RER à l’échelle de la vallée, relié à des lignes de tramways, elles-mêmes connectées à des lignes de bus et de vélos.

Pour que la colonne vertébrale ferroviaire soit à la hauteur des besoins, il faut une hausse du cadencement des trains, elle-même rendue possible uniquement par une modernisation de la ligne actuelle. Or, cette modernisation est annoncée pour 2026, quand le Léman-Express a été lancé fin 2019 pour servir la petite minorité de travailleurs frontaliers.

Et sans des lignes de tramways, à l’instar de celles qui existent en villes, on voit mal comment on pourra vraiment délaisser la voiture pour quelque chose de plus attractif, et aussi confortable pour toutes et tous.

Un tramway dans un territoire semi-rural, une utopie ? Mais est-ce plus utopique que d’avoir construit des « tramways » jusqu’à la mer de glace et au pied du glacier de Bionnassay avant la Première Guerre mondiale ?

>> voir aussi : pollution de l’air et lutte des classes

Ce n’est certainement pas en fustigeant des entourloupes de forme sur la modification du plan de mobilité à la communauté de communes, qu’on va changer le fond de cette question, sur lequel tous les élus sont par ailleurs d’accord.

Car la communautés de communes Cluses Arve Montagne n’a t-elle pas la compétence transport ? Tout cela pourquoi ? Des millions dépensés pour le projet Funiflaine, et quelques bus Arvi, réduits au ramassage scolaire car inadaptés au quotidien des gens.

Dans une zone semi-urbaine comme la notre, ce qui va déterminer de véritables transports en commun, c’est une vision du monde qui assume le collectivisme pour mieux briser la main-mise des notables.

Pour cela d’ailleurs, le meilleur des leviers c’est l’Etat, un Etat au service des besoins populaires.

Et ensuite, plus concrètement, et cela va de pair, il y a néccessité d’un rapport de forces pour faire payer les riches : les grandes entreprises, comme, entre autres, Vinci propriétaire de Benedetti-Guelpa à Passy, mais aussi en rongeant sur le train de vie des propriétaires de résidences secondaires à Megève, Saint-Gervais…

Mais évidemment, cette perspective, c’est celle de la Gauche historique, fidèle aux valeurs du mouvement ouvrier.

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