La prostitution, le plus vieux traumatisme du monde


société / vendredi, avril 23rd, 2021

Récemment, Le Messager a publié un article intitulé « Prostitution: pourquoi Genève attire les Françaises ». Ces articles parlant de la prostitution comme d’un « travail comme un autre » sont malheureusement récurrents. Car derrière la façade rutilante, la prostitution reste, et restera une mise en abyme de l’oppression des femmes.

Depuis les années 1990, la prostitution est de plus en plus présentée comme un métier comme un autre, sans jamais rappeler que 95% des prostituées veulent s’en sortir. Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on laisse dix hommes par jour pénétrer son intimité et humilier sa personne en reproduisant la brutalité pornographique.

On ne choisit pas d’être prostituée. Quand ce n’est pas l’enlèvement de force par une mafia, c’est le plus souvent le résultat d’une contrainte économique, qui se combine souvent d’ailleurs avec les conséquences traumatiques d’agressions sexuelles.

La prostitution prospère sur la misère des femmes, que ce soit par le biais de réseaux qui approchent les femmes de l’Est pour leur proposer du « travail » à l’Ouest ou dans le cas de l’étudiante qui se fait entretenir par un vieil homme aux fantasmes malsains pour payer son loyer.

Le « marché du sexe » en Allemagne, que les pro-prostitution vantent comme pays modèle, s’est lui-même construit sur l’émigration massive de femmes de l’ex-URSS plongées brutalement dans la pauvreté. À tel point que dans les années 1990, les villages roumains ont été vidés de leurs femmes, envoyées par leurs familles.

Et d’ailleurs, la légalisation dans différents pays d’Europe n’a fait qu’augmenter la demande d’un tel « service », qui ne peut finalement pas être satisfait par l’ « offre » légale.

Cela fait appel d’air pour la traite des femmes, notamment de l’Est et de l’Asie mais aussi d’Afrique, notamment le Nigéria qui s’est « spécialisé » autour d’un trafic d’être humains. Dans les pays riches, la prostitution est même vantée comme une manière d’accéder rapidement à une vie oisive, comme avec le personnage de télé-réalité Nabilla Benattia-Vergara.

Mais, comme si cela ne suffisait pas dans l’horreur, à la misère sociale s’ajoute le plus souvent la déstructuration psychologique, l’une et l’autre s’entretenant dans l’exploitation du corps des femmes.

La psychiatre Muriel Salmona a bien mis en lumière ce lien entre traumatisme et comportements extrêmes, allant de la toxicomanie à la prostitution, en passant par la conduite dangereuse. En France, la quasi totalité des personnes prostituées ont vécu des violences sexuelles par le passé, dont une part importante remonte à l’enfance.

Ces traumatismes provoquent dans le cerveau un réflexe de survie, qui est la dissociation traumatique. C’est un état où les émotions se détachent du corps de la victime pendant l’agression et permet une certaine survie psychologique. Face au mal-être du souvenir traumatique, les comportements extrêmes, comme la sexualité compulsive, sont des manières de réactiver la dissociation d’origine.

Ainsi, il ne fait nul doute que les discours qui parlent de la prostitution comme d’un travail ne servent qu’à promouvoir un système prostitutionnel fondé sur l’oppression économique et psychologique des femmes.

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