1er Mai : faire vivre la démocratie à la base !


Politique / samedi, mai 1st, 2021

Peut-on se dire que les choses ne tournent pas rond, qu’il faudrait un grand changement, sans s’impliquer soi-même activement à résoudre les problèmes ? Telle est la grande question qui se pose en ce 1er Mai 2021 à l’ensemble des travailleurs du pays, avec une acuité particulière pour ceux de la vallée de l’Arve.

Car ici comme ailleurs, la réalité du capitalisme est là, avec des licenciements, un ralentissement des embauches, l’appauvrissement des plus précaires, la « saison blanche » de l’économie touristique….

Il y a comme une attente, avec une inquiétude immédiate : de quoi l’avenir sera t-il fait ? La machine va t-elle se relancer ? Et la machine doit-elle se relancer, du moins de quelle manière ? Au cœur de cette question, il y a la capacité des gens à penser les problèmes de notre époque, à s’investir dans la vie collective, à proposer des orientations.

Mais quiconque appartient au camp de la Gauche historique sait que le capitalisme ne peut supporter une mise à l’arrêt prolongée et entend se relancer coûte que coûte, vaille que vaille, sans débat démocratique à la base. Le capitalisme produit des esprits passifs, piégés dans la consommation, se contentant d’une gestion pragmatique des choses.

Il faudrait donc relancer l’industrie touristique sur la base du monde d’avant, avec des « ascenseurs valléens », maintenir l’attractivité démographique par un foisonnement de constructions immobilières, ne jamais se poser la question de la dépendance à Genève d’une partie des travailleurs…

Et pourtant ne faudrait-il pas réfléchir à cette dépendance absurde à la Suisse ? Cette dépendance à des emplois au service d’une bourgeoisie hors sol !

Que 8 000 emplois frontaliers aient été perdus au cours de l’année 2020 n’alertent que peu de monde, car, bientôt, tout devrait repartir. Repartir pour quelle société ? Une société fondée sur l’emploi de gens dans la fabrication de montres de luxe, les transactions financières, les services huppés d’hôtels, le gardiennage de parkings troglodytes ?

Quant à la saison 2020-2021 dite « blanche », là aussi, ne faudrait-il pas voir émerger un profond débat populaire, démocratique quant à l’attachement du tourisme aux seules pistes de ski, elles et ses canons à neiges, ses terrassements, ses remontées mécaniques, ses bars d’altitude, ses résidences secondaires ? L’arrêt des remontées mécaniques n’a t-il pas été une bouffée d’oxygène pour la vie sauvage ? Et la protection de la vie sauvage, justement, n’est-ce pas un enjeu moral prioritaire ?

Car ce double développement a comme unique conséquence la transformation de la vallée en une périphérie urbanisée en mode dortoir, coincée entre les riches stations de ski et la métropole genevoise. Cela doit-il être accepté comme une fatalité ? Les travailleurs n’ont-ils aucune ambition politique et culturelle pour repenser les choses ? N’avons-nous pas besoin d’une grande utopie pour notre époque ?

Car la vallée de l’Arve, ce n’est pas les vallées de la Tarentaise ou de la Maurienne. Bien avant le tourisme de l’or blanc, bien avant Genève comme pôle financier international, le cœur historique de cette vallée c’est l’industrie horlogère, puis la métallurgie de précision.

Nulle parasitage, nulle décadence ici : le décolletage, c’est un rouage essentiel de la société, tant pour la production de moyens de production, que pour les petits rouages qu’il fournit pour n’importe quel matériel de la vie courante. L’organisation, et donc la ré-organisation, de la société passe par cette industrie… Mais, là aussi c’est bien l’orientation sociétale qui se pose, et cela doit être abordée de manière démocratique.

Faut-il faire du moteur électrique automobile l’alpha et l’oméga de la « relance économique » quand on connait les répercussions négatives en termes d’emploi, sans même parler de la gabegie écologique qu’est le véhicule électrique ? De même, doit-on se satisfaire des commandes d’armement pour maintenir l’activité ?

Pour souligner un aspect essentiel, la vallée de l’Arve a besoin de freiner une bétonnisation à tout va, qui ne va par ailleurs en rien aider à améliorer la qualité de l’air. De fait, ne faudrait-il pas plutôt une grande politique de développement des transports en commun, avec à la clef un débouché pour l’industrie du décolletage, et des perspectives d’emplois ?

Pour orienter la société, il faut arracher l’industrie du décolletage des grands donneurs d’ordres qui ont imposé leur mode de développement, leurs exigences, leurs volontés de manière anti-démocratique. Il faut placer les grandes entreprises sous le contrôle du peuple et penser la planification de la production selon les besoins généraux.

Sans implication à la base de toutes et tous… le changement se fait par en haut, dans des cabinets d’experts techniques qui gèrent les choses selon l’évolution des marchés, sans aucune vue d’ensemble.

En ce 1er mai 2021, l’impératif est à la mise en branle du peuple pour la conquête d’un développement démocratique et populaire de la société. C’est l’exigence de notre temps !

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