A la Libération, une épuration bien insuffisante


Histoire populaire / vendredi, mai 21st, 2021

En 1945, « l’Etincelle », hebdomadaire du PCF de Haute-Savoie publie de nombreux petits billets pour dénoncer le manque d’épuration des forces du régime de Vichy qui a collaboré avec le régime nazi d’occupation.

Les anciens résistants communistes critiquent à juste titre la politique centriste, modérée, de François de Menthon, militant démocrate-chrétien d’Annecy et résistant gaulliste expatrié à Londres en 1943, devenu ministre de la justice du Gouvernement provisoire de la République Française (GPRF).

Quelques figures communistes tombées au combat contre l’occupant nazi dans le journal L’Etincelle de 1945, et un appel à une épuration plus stricte

C’est François de Menthon qui était donc en charge de suivre et de mettre à exécution l’épuration des anciens cadres fascistes. Et celle-ci fut bien maigre. Gérard Deuil en est d’ailleurs un exemple, parmi d’autres : milicien pétainiste condamné en mai 1945 par la cour de Chambéry, on le retrouve quelques années plus tard patron d’une usine de carton dans l’ouest, puis président du SNPMI, un syndicat d’extrême droite qui terrorisa la vallée au début des années 1980.

On se souviendra également que Léopold Martin, originaire de Bonneville et chef de la glorieuse Brigade Rouge Internationale qui a participé à la Libération du Vuache, du Chablais et de la Maurienne, dût défendre la mémoire de ses camarades lors d’une réunion publique de ce même François de Menthon à Sallanches peu après 1945 lors de laquelle il calomniait la résistance communiste.

>> voir aussi : le sort des juifs dans la vallée de l’Arve 1940-1944

Une opposition qui n’est pas sans rappeler la critique communistes de 1944 contre les consignes attentistes et isolationnistes de l’état-major gaulliste représentées par le BCRA, s’illustrant par des concentrations suicidaires de troupes dans des maquis isolés de la population, comme au Plateau des Glières en mars 1944.

Cette non-épuration fut un reflet des contradictions existantes dans la Résistance, entre les forces du centre et de la droite gaulliste, et la gauche dirigée par les communistes. Avec la mainmise de la Droite sur le ministère de la Justice, l’épuration aura touché seulement 10 000 personnes en France, alors qu’il y avait environ 30 000 miliciens, et plusieurs centaines de milliers de militants dans les différents partis collaborationnistes.

Voici deux billets à propos de l’insuffisante épuration à Bonneville

10 novembre 1945
17 février 1945

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