À Cluses, la Droite accompagne bien le capitalisme


société / vendredi, juin 11th, 2021

Fin décembre 2019, la mairie de Cluses votait pour un nouveau concessionnaire d’exploitation du mobilier urbain. L’exploitant JC Decaux fut alors approuvé à la majorité, avec à la clef une vingtaine de panneaux publicitaires parsemés dans l’espace public clusien.

Le monde d’après sera t-il pire que celui d’avant ? Il sera en tout cas en continuité, tant que n’existera pas un mouvement de rébellion face à la société de consommation. Car voilà que l’ogre de la publicité en France qu’est JC Decaux arrive à Cluses possédant pourtant déjà un bon nombre d’emplacements de réclame.

Il est déjà révoltant que ce soit cette entreprise privée qui s’occupe de la construction des arrêts de bus, lieu par nature publique, mais que dans le contrat soit inséré l’obligation de polluer l’espace public de 28 structures publicitaires, dont deux de 8m2, est une triple insulte à la Démocratie, à la culture et aux besoins populaires.

>> voir aussi : affichage et expression démocratique

La vitalité démocratique en est-elle à un si faible niveau qu’on en vient à préférer la valorisation outrancière de la consommation plutôt que de nouveaux supports faciles d’accès pour annoncer des festivals, des expositions, des concerts ?

À cela s’ajoute le fait que la société JC Decaux était également chargée de la mise en place de toilettes publiques, mais pour l’adjoint au maire de l’époque, Jean-Pierre Steyer, cela coûte trop cher à la commune. C’est du moins ce qu’on peut relire dans un article du Messager :

Jean-Pierre Steyer a rappelé qu’à une époque quatre WC fonctionnaient sur la commune mais « chaque fois qu’une personne les utilisait cela coûtait 8 euros à la Ville ! » Elles ont donc été enlevées pour une économie de 80 000 euros à la commune.

Plus de publicités, moins de toilettes publiques, les jeunes et les travailleurs (principalement les travailleuses) en extérieur apprécieront… Voilà l’axe porté par les gestionnaires faussement apolitique mais réellement de Droite.

Une mairie dirigée par la Droite, c’est la transposition de la gestion d’une entreprise privée à la vie publique : la priorité reste le bilan comptable, et nullement l’amélioration de la vie sociale, et encore moins l’enrichissement culturel de toutes et tous.

>> Voir aussi : Overdose de publicité

C’est bien là que l’on voit qu’on ne peut pas juger une politique seulement à la promotion du dynamisme comme le présente l’actuel maire de Cluses, Jean-Philippe Mas. De Burger King aux panneaux publicitaires JC Decaux en passant par les armoires Amazon Locker et l’inflation de constructions immobilières, on a là une politique de Droite qui ne fait qu’accompagner l’élargissement du capitalisme dans la vie quotidienne.

Un élargissement des perspectives de consommation qui ne profite en rien à la vie des gens, si tant est qu’on accepte que les besoins populaires dépassent le train-train quotidien du travail et de l’alimentation. Le règne de la marchandise anesthésie les esprits dans l’océan d’une consommation individualiste rétive à toute réflexion émancipatrice…

Il est clair que si l’on a compris que le monde ne tournait pas rond, que si l’on a, comme Alain Souchon, une « soif d’idéal » contre ces « désirs qu’on nous inflige », de tels panneaux publicitaires devraient être démantelées.

Il y a pourtant des gens qui ont vécu le confinement comme une pause salutaire pour la nature, qui ont compris que la crise du Covid-19 était un signal d’alerte d’une Planète mise à mal par une société de consommation généralisée. Pour ces gens il va forcément être difficile d’accepter la reprise de cette trajectoire destructrice. En cela, un élan populaire pour changer la vie est plus que nécessaire.

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