À Cluses, la misère sociale tue


société / jeudi, juin 17th, 2021

Ce lundi 14 juin, aux alentours de 23h, une terrible intoxication au monoxyde de carbone a couté la vie à deux personnes, ainsi qu’à deux chats. Survenue dans un immeuble de la rue des Saules dans le quartier des Ewues II à Cluses, cet accident est une expression de la misère sociale et de ses tristes conséquences…

Après avoir été suspendues par une trêve hivernale rallongée du fait de la crise sanitaire du Covid-19, les coupures d’électricité sont à nouveau autorisées depuis le 1er juin.

Cette pratique anti-sociale, honteuse et indigne du respect des besoins élémentaires de l’être humain, prend un tournant d’autant plus mortifère que l’on sort d’une crise sanitaire ayant engendré des graves difficultés sociales et économiques pour les ménages les plus précaires.

Et c’est bien cela qui est directement en cause dans l’intoxication mortelle au monoxyde de carbone, ce gaz indolore et incolore, d’un homme d’une quarantaine d’années et de sa femme, prise en urgence absolue à l’hôpital de Genève et malheureusement décédée quelques temps après. Deux chats vivant là ont également péri.

Issu de l’immigration asiatique, ce couple vivait dans une grande précarité sociale. Cette difficulté sociale a fait que l’alimentation en électricité de leur appartement fut récemment coupée, obligeant le couple à utiliser un groupe électrogène silencieux pour continuer à cuisiner, à s’éclairer…

Après avoir contrôlé le niveau d’intoxication de résidents de l’immeuble, les pompiers ont ainsi relevé des taux très élevés de concentration de monoxyde de carbone à l’intérieur de l’appartement des victimes. Avec une concentration de gaz de 1 200 ppm / m3 d’air, le niveau d’alerte situé à 50 ppm / m3 a largement été dépassé…

Mais quand on lit l’article de Dauphiné Libéré, on se demande où est passé le respect de la dignité de l’être humain, d’autant plus que l’article est en accès restreint (abonné) alors que tout un chacun devrait pouvoir connaitre aisément les causes d’un tel drame.

Car pour la journaliste qui a écrit l’article, il est opportun de légitimer les paroles de voisins évoquant des problèmes de cohabitation entre la famille des défunts et les autres résidents de l’immeuble.

Mais à quoi cela sera t-il ici de publier de tels propos ? Où est le respect pour les victimes ? Quel est le message diffusé si ce n’est celui de dire que le couple, par une vie supposé agitée et difficile, porterait la responsabilité de leur décès ?

On est là dans un état d’esprit honteux, suintant le darwinisme social, cette posture morale si répandue dans cette société, selon laquelle la vie d’un pauvre vaut finalement moins que celle d’un riche. C’est odieux et nauséabond, voire carrément inqualifiable… En plus d’être un système sans état d’âme, le capitalisme peut compter sur cette sale indifférence générée par le darwinisme social pour être dédouané de ses responsabilités.

Car s’il y a un seul coupable dans ces décès, c’est la compagnie d’électricité fournissant ce couple et qui a choisi la répression anti-sociale, quand bien même les profits coulent à flot pour elle. Ce drame nous rappelle qu’il faut à tout prix collectiviser les grandes entreprises de l’énergie afin de les mettre au service des besoins populaires, et ainsi d’éviter de telles catastrophes sociales et morales.


>> Pour aider financièrement la famille des défunts, une cagnote a été ouverte : Aide famille sichampanakhone

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